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Coronavirus : mon chien peut-il l’attraper et le transmettre ? 

Crédits : Violet-blue/iStock

Les premiers cas de coronavirus de Wuhan (SARS-CoV-2 ou COVID-19) ont été rapportés en décembre dernier, dans la province chinoise de Hubei. Depuis, le monde entier a les yeux rivés sur cette nouvelle maladie. Dernièrement, les chinois se sont mis à acheter des masques pour leurs chiens car ils ont peur que leurs chers toutous attrapent aussi ce virus. Mais est-ce possible ? On fait le point.

Coronavirus : un agent pathogène déjà bien connu

C’est une famille de virus que nous connaissons depuis de nombreuses années. Elle contient 4 genres : les alpha, béta, gamma, et delta coronavirus. Chaque genre comprend plusieurs souches différentes, chacune pouvant affecter une ou plusieurs espèces animales (homme, chien, chat, bovin, cochon, poule, souris, hérisson, lapin, furet…). Ce sont des virus fréquents en médecine vétérinaire. Certaines souches provoquent une maladie légère. D’autres engendrent des problèmes plus graves comme le MERS-CoV et le SARS-CoV qui ont déjà causé des épidémies en 2012 au Moyen-Orient et en 2003 en Chine.

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Crédits : 葉 正道 Ben(busy)/ Flickr

Le nouveau coronavirus chinois

Le SARS-CoV-2

Toutefois, en décembre dernier, une nouvelle souche de coronavirus a fait son apparition : le SARS-CoV-2. Elle fait partie du genre béta (tout comme certains coronavirus de chien, de lapin, de souris, de cheval, de bovin, de cochon…) et du sous-genre Sarbecovirus (tout comme le SARS-CoV, une autre souche très proche qui touche l’homme, les chats musqués, les chauves-souris et d’autres animaux plus rarement).

Les virus sont sujets aux mutations : leur patrimoine génétique peut se modifier et ils deviennent parfois capables d’infecter de nouvelles espèces, de causer de nouveaux symptômes, ou de survivre dans des environnements différents… Et c’est ce qui s’est passé avec ce nouveau coronavirus.

Comment attrape-t-on la maladie ?

La transmission se fait surtout par voie aérienne lorsque l’on se trouve à proximité d’une personne infectée. Elle peut également se faire via des objets contaminés par ces personnes, toutefois le virus ne survit pas longtemps dans l’environnement (ex : il n’y a pas de risque conséquent si vous recevez un colis postal provenant de Chine).

Les symptômes

La maladie engendre des signes généraux (fièvre, fatigue, frissons, sueurs, maux de tête…) et des troubles respiratoires (nez qui coule, toux, difficultés respiratoires…). Une grande minorité de personnes, souvent déjà fragilisées (âgés, immunodéprimées, ayant d’autres maladies…), développent aussi des symptômes plus sérieux (pneumonie, insuffisance rénale, mort…). Toutefois, le taux de mortalité est faible pour l’instant (environ 2-3%). Et il est probablement beaucoup plus bas en réalité car de nombreuses personnes peu atteintes ne se font pas tester.

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Crédits : Nastya_gepp / Pixabay

Mon chien peut-il attraper le nouveau coronavirus chinois ?

Une origine animale suspectée, mais non canine

L’hypothèse que le virus provienne d’animaux est aujourd’hui suspectée par les autorités sanitaires car de nombreux cas ont été constatés chez des personnes ayant fréquenté un marché de fruits de mer et d’animaux vivants. Toutefois, l’animal en cause – si il y en a bien un – n’a pas encore été déterminé avec certitude. Le bilan actuel ne penche pas en faveur d’une origine canine. La piste privilégiée est celle de la chauve-souris. Le génome du SARS-CoV-2 est très similaire à celui d’un coronavirus touchant ce mammifère nocturne.

D’autres coronavirus se transmettent entre l’homme et l’animal

Parmi toutes les autres souches de coronavirus déjà connues, quelques-unes ne touchent que l’homme, d’autres ne touchent que certaines espèces animales, et d’autres sont des zoonoses (maladies se transmettant entre l’homme et l’animal). C’est par exemple le cas des souches MERS-CoV et SARS-CoV : des chats musqués et des dromadaires infectent les hommes. Le SARS-CoV (qui est très proche du SARS-CoV-2, le nouveau coronavirus) a également infecté des chiens, des chats, des furets et des rongeurs. Il existe donc déjà d’autres souches de coronavirus pouvant affecter divers animaux et franchir des barrières d’espèces.

Il existe aussi déjà d’autres virus se transmettant entre l’homme et les animaux de compagnie. On peut citer la rage ou la grippe H1N1 pandémique de 2009 (des cochons l’ont transmise à l’homme et à certains animaux de compagnie). Statistiquement, 70% des nouvelles maladies émergentes sont des zoonoses. Il faudra donc étudier les premières observations pour savoir si le SARS-CoV-2 touche les chiens ou pas (symptômes, réservoir, cul-de-sac épidémiologique…)

Pas de panique : on a identifié extrêmement peu d’animaux de compagnie affectés par le nouveau coronavirus

Jusqu’à présent, on n’a identifié que 2 cas canins sur toute la planète (toutefois, les chiens sont très peu testés) et ils ne présentaient pas de symptômes. Les experts ont conclu que le premier était infecté par le nouveau coronavirus. Cependant, pour le second, il faut attendre pour avoir plus de certitudes.

Et on n’a identifié que 2 chats positifs. Le premier est chez nos voisins belges. L’animal semble atteint par le COVID-19 (infecté et malade : symptômes respiratoires). Ce sont des cas isolées. Pour l’instant, il semblerait que le nouveau coronavirus n’affecte les animaux de compagnie que très rarement.

Les experts pensent que ce ce sont des cas de transmission d’homme à chien/chat (les maîtres ont transmis le coronavirus à leurs animaux). Toutefois rien n’indique que ces 4 animaux puissent à leur tour transmettre l’infection à l’homme.

Il est peu probable que les chiens puissent tomber malades ou transmettre le nouveau coronavirus

Selon l’organisation mondiale de la santé animale (l’OIE) et le WSAVA, il n’y a pas beaucoup de preuves que les chiens peuvent être infectés par le nouveau coronavirus. Et il n’y a aucune preuve qu’ils puissent tomber malades (avoir des symptômes) et/ou le transmettre (bien qu’il soit difficile d’avoir des certitudes), ce qui signifie que c’est peu probable, selon les experts.

Une nouvelle étude indique que les chiens seraient peu sensibles au coronavirus (ils pourraient être infectés faiblement sans être contagieux), que les cochons /poulets /canards n’y seraient pas du tout sensibles (aucune infection), et que les chats /furets y seraient très sensibles (ils pourraient être infectés et transmettre le virus à d’autres animaux). Mais il faut plus d’études pour en avoir le cœur net.

Si les chinois ont commencé à acheter des masques pour leurs chiens en masse, c’est parce que les scientifiques locaux chargés par l’état de gérer la crise ont annoncé qu’il est possible que le nouveau coronavirus affecte les animaux de compagnie. Toutefois, cela semble très rare et aucune agence de santé ne recommande de mettre des masques aux animaux de compagnie.

L’homme est le moteur principal de la propagation

L’AFSCA estime que le risque qu’un homme infecte un animal de compagnie est faible. Et elle considère que le risque qu’un animal infecte un homme est négligeable comparé au risque de transmission inter-humaine. En effet, à présent, on observe surtout des cas humains et une transmission homme-homme. Les êtres humains semblent bien être le moteur principal de la propagation. Il n’y a donc pas lieu de paniquer à proximité des animaux domestiques. Et pour les protéger, il suffit d’appliquer quelques mesures de base (cf. suite).

Infection mise à part, toute surface (chien y compris) peut être un vecteur passif

Toutes les surfaces (chien y compris) peuvent agir comme des “fomites”. Si une personne malade tousse à proximité d’une surface quelquonque (poignée de porte, vêtements, draps, chien…), elle peut y déposer des gouttelettes capables d’infecter d’autres gens qui s’en approcheraient trop. Dans ce cas-ci, le chien ou l’objet ne sont pas infectés, mais ils transmettent tout de même l’infection de manière passive. Toutefois, le coronavirus ne survit pas longtemps dans le milieu extérieur.

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Crédits : Freepik

Y a-t-il des mesures de protection à suivre ?

En attendant d’en savoir plus, l’organisation mondiale de la santé animale (l’OIE) conseille tout de même aux individus sains en zone où le COVID-19 sévit d’éviter les contacts avec tout animal qu’ils ne connaissent pas et de se laver les mains après en avoir touché. Cependant, les maîtres ne doivent surtout pas désinfecter les pattes de leurs chiens après la promenade, cela peut être dangereux (ils risquent de se lécher et certains produits sont nocifs pour eux). Vous pouvez toutefois leurs nettoyer les coussinets avec un savon doux.

De plus, l’OIE conseille aussi aux gens atteints par le COVID-19 de porter un masque à proximité de leur chien, d’éviter de s’en apporcher (bisoux, carresses, partager de la nourriture…) et de demander à une personne non contaminée de s’occuper de lui. Il s’agit uniquement de précautions. Aucune autre mesure n’est nécessaire vis-à-vis des chiens. Et pour l’instant, rien ne prouve qu’ils puissent tomber malade ou transmettre le nouveau coronavirus.

De manière générale, pour éviter la transmission inter-humaine du COVID-19 (un danger immensément plus important), l’OMS recommande également d’éviter les contacts avec les gens malades, d’éviter les grands rassemblements, de se laver les mains régulièrement, de bien nettoyer/désinfecter son environnement, de bien cuire ses aliments d’origine animale, de ne pas toucher ses yeux, son nez ou sa bouche, de s’isoler si l’on est malade, de couvrir sa bouche avant de tousser.

Peu de certitudes

Il faut toutefois bien comprendre que le COVID-19 étant un nouveau virus, il y a peu de certitudes  à son sujet. L’intégralité des informations qu’on a sont les premières conclusions, mais ces dernières pourront évoluer au fur et à mesure que la situation s’éclaircira. Néanmoins, incertitude ne veut pas non plus dire que nous sommes en route pour l’apocalypse.

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Crédits : Geralt/Pixabay

Les coronavirus canins

Le chien a également son propre lot de coronavirus connus depuis bien longtemps. Deux souches le concernent plus particulièrement (elles sont non-transmissibles à l’homme) :

  • Le coronavirus canin (CCoV). Il fait partie du genre alpha. Le virus cause soit une infection digestive (une entérite légère ou plus sérieuse chez les chiots), soit une infection très grave attaquant de nombreux organes (coronavirose pantropique). Il est très proche du FCoV, le coronavirus responsable de troubles digestifs ou de la PIF (péritonite infectieuse) chez le chat.

  • Le coronavirus respiratoire canin (CRCoV). Il fait partie du genre béta. Le virus cause une infection respiratoire modérée en général. C’est l’un des agents de la toux du chenil, une maladie affectant de nombreux chiens.

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