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Coronavirus : mon chien peut-il l’attraper et le transmettre ? 

Crédits : Violet-blue/iStock

Les premiers cas de coronavirus de Wuhan ont été rapportés en décembre 2019 dans la province chinoise de Hubei. Depuis, le monde entier a les yeux rivés sur cette nouvelle maladie. Dernièrement, les chinois se sont mis à acheter des masques pour leurs chiens car ils ont peur que leurs chers toutous attrapent aussi ce virus. Mais est-ce possible ? On fait le point.

Coronavirus : un agent pathogène déjà bien connu

C’est une famille de virus que nous connaissons depuis de nombreuses années. Elle contient 4 genres : les alpha, béta, gamma, et delta coronavirus. Chaque genre comprend plusieurs souches différentes, chacune pouvant affecter une ou plusieurs espèces animales (homme, chien, chat, bovin, cochon, poule, souris, hérisson, lapin, furet…). Ce sont des virus fréquents en médecine vétérinaire. Certaines souches provoquent une maladie légère. D’autres engendrent des problèmes plus graves comme le MERS-CoV et le SARS-CoV qui ont déjà causé des épidémies en 2012 au Moyen-Orient et en 2003 en Chine.

Coronavirus
Crédits : 葉 正道 Ben(busy)/ Flickr

Le nouveau coronavirus de Wuhan

Le 2019-nCoV

Toutefois, en décembre dernier, une nouvelle souche de coronavirus a fait son apparition : le 2019-nCoV. Elle fait partie du genre béta. Les virus sont sujets aux mutations : leur ADN peut se modifier et ils deviennent parfois capables d’infecter de nouvelles espèces, de causer de nouveaux symptômes, de survivre dans des environnements différents… Et c’est ce qui s’est passé avec ce nouveau coronavirus.

Comment attrape-t-on la maladie ?

La maladie se transmet surtout par voie aérienne lorsque l’on se trouve à proximité d’une personne infectée. Elle peut également se transmettre par des objets contaminés par ces personnes, toutefois le virus ne survit que quelques heures dans l’environnement (ex : il n’y a pas de risque conséquent si vous recevez un colis postal provenant de Chine).

Les symptômes

Le virus engendre des signes généraux (fièvre, fatigue, frissons, sueurs, maux de tête…) et des troubles respiratoires (nez qui coule, toux, difficultés respiratoires…). Une grande minorité de personnes, souvent déjà fragilisées (âgés, malades…), développent aussi des symptômes plus sérieux (pneumonie, insuffisance rénale, mort…). Toutefois, le taux de mortalité est très faible pour l’instant (environ 2-3%).

Nombre de personnes et de pays atteints (30/01/19)

Selon le dernier rapport de l’OMS, pour l’instant 170 personnes sont déjà mortes de l’infection et 7 818 cas de coronavirus ont été rapportés partout dans le monde. La grande majorité (99%) sont en Chine. Toutefois 18 autres pays ont également étés touchés ponctuellement  : Inde, Sri Lanka, Népal, Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Malaisie, Singapour, Philippines, Japon, Corée du Sud, Émirats arabes unis, États-Unis, Canada, Australie, Allemagne, Finlande. La maladie est également arrivée en France qui compte 6 malades et aucun mort.

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Crédits : Mapchart

Mon chien peut-il attraper le coronavirus de Wuhan ?

Une origine animale suspectée

L’hypothèse que le virus provienne d’animaux est aujourd’hui suspectée par les autorités sanitaires car de nombreux cas ont été constatés chez des personnes ayant fréquenté un marché de fruits de mer et d’animaux vivants. Toutefois, l’animal en cause – si il y en a bien un – n’a pas encore été déterminé avec certitude. Le bilan actuel ne penche pas en faveur d’une origine canine. La piste privilégiée est celle de la chauve-souris. Le génome du 2019-nCoV est très similaire à celui d’un coronavirus touchant ce mammifère nocturne.

D’autres coronavirus peuvent se transmettre de l’animal à l’homme

Parmi toutes les autres souches de coronavirus déjà connues, quelques-unes ne touchent que l’homme, d’autres ne touchent que certaines espèces animales, et d’autres sont des zoonoses (maladies se transmettant entre l’homme et l’animal). C’est par exemple le cas des souches de coronavirus SARS et MERS : des civettes (chat musqué) et des dromadaires transmettent l’infection à l’homme.

Il existe donc déjà d’autres souches de coronavirus pouvant affecter divers animaux et franchir des barrières d’espèces. Il ne semble donc pas scientifiquement impossible que cela soit aussi le cas pour cette nouvelle souche qui fait partie de la même famille. D’autant plus que statistiquement, 70% des nouvelles maladies émergentes sont des zoonoses. Il faudra donc étudier les premières observations pour déterminer si c’est aussi le cas pour le 2019-nCov.

Aucun cas de 2019-nCoV rapporté chez le chien pour l’instant

Dans le cas du coronavirus de Wuhan, pour l’instant on observe surtout une propagation d’homme à homme. Selon l’OMS, le bilan actuel ne penche donc pas en faveur d’une transmission homme-chien. Ça n’est pas la piste la plus probable en l’état actuel des connaissances.

Les scientifiques chinois chargés par l’état de gérer la crise ne sont toutefois pas d’accord. Ils ont annoncé qu’il est possible que les animaux de compagnie contractent le 2019-nCoV. Ce pourquoi les chinois ont commencé à acheter des masques pour leurs chiens en masse ces derniers jours.

Par mesure de précaution, dans le doute, les agences de santé de nombreux pays conseillent tout de même aux malades de ne pas s’approcher de leur chien pour s’assurer de ne pas le contaminer. Et elles conseillent aux personnes saines en zone à risque d’éviter les contacts avec les animaux et de bien cuire tout aliment d’origine animale afin de réduire le risque de se contaminer.

Il y a extrêmement peu de chances de croiser le virus en France

Dans tous les cas, si on ne croise pas le virus, on ne peux pas le contracter. Et grâce aux mesures de lutte mises en place à l’échelle nationale et mondiale (épidémiosurveillance, biosécurité…), les chiens et les hommes ont extrêmement peu de chances  de croiser le 2019-nCoV en France. Pour le moment, il n’y a que 6 cas (pour 67 millions de français). De plus, même si un individu est profondément malchanceux et l’attrape tout de même, il est peu probable d’en mourir car la maladie présente pour l’instant un faible taux de mortalité chez l’homme.

Dans l’état actuel des choses, un français (chien ou homme) a beaucoup plus de chances de mourir d’une autre maladie déjà connue que de mourir du nouveau coronavirus. Il existe de nombreuses autres pathologies touchant beaucoup plus d’individus que le 2019-nCoV et ayant un taux de mortalité plus élevé que lui. Les médias en parlent moins en ce moment tout simplement parce qu’elles ne sont pas nouvelles, contrairement au 2019-nCoV. Le sensationnel vend mieux. Couplez le à la peur et c’est un carton plein.

Peu de certitudes

Il faut toutefois bien comprendre que le 2019-nCoV étant un nouveau virus, il y a peu de certitudes  à son sujet. L’intégralité des informations qu’on a sont les premières conclusions, mais ces dernières pourront évoluer au fur et à mesure que la situation s’éclaircira. Néanmoins, incertitude ne veut pas non plus dire que nous sommes en route pour l’apocalypse.

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Crédits : Geralt/Pixabay

Les coronavirus canins

Le chien a également son propre lot de coronavirus connus depuis bien longtemps. Deux souches le concernent plus particulièrement (elles sont non-transmissibles à l’homme) :

  • Le coronavirus canin (CCoV). Il fait partie du genre alpha. Le virus cause soit une infection digestive (une entérite légère ou plus sérieuse chez les chiots), soit une infection très grave attaquant de nombreux organes (coronavirose pantropique). Il est très proche du FCoV, le coronavirus responsable de troubles digestifs ou de la PIF (péritonite infectieuse) chez le chat.

  • Le coronavirus respiratoire canin (CRCoV). Il fait partie du genre béta. Le virus cause une infection respiratoire modérée en général. C’est l’un des agents de la toux du chenil, une maladie affectant de nombreux chiens.

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