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Un ministre de la cause animale au gouvernement ?

Crédits : Derek Brumby / iStock.
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Le 23 juin dernier, après 6 mois de travail et des centaines d’auditions, le député Loïc Dombreval a rendu son rapport au Premier ministre. Il y détaille 120 propositions visant à améliorer le bien-être des bêtes. Parmi elles : la mise en place d’un représentant pour incarner la cause animale auprès du gouvernement.

Une préoccupation grandissante

Près de la moitié des Français possèdent un animal de compagnie. Au total, on recense environ 21 millions de chiens et de chats domestiques dans le pays. Leur bien-être est donc de plus en plus important aux yeux de la population. Selon un sondage de l’Ifop, aux municipales, 72% des votants souhaitaient des mesures concrètes dans le domaine.

Par ailleurs, aux dernières élections européennes, le parti animaliste a réalisé un score des plus inattendus : 2,16% des voies, soit presque un demi-million de votes. Les défenseurs des animaux se retrouvent également en grand nombre chez les écologistes. En les rassemblant tous, selon les estimations, près de 4-5% des électeurs choisiraient leur bulletin en fonction des propositions liées aux questions animales. Cela représente donc une part de la population non négligeable.

ministre de la cause animale
Crédits : ChesiireCat / iStock.

Un représentant de la cause animale dans les hautes sphères politiques ?

Loïc Dombreval est un député LREM et un vétérinaire de formation. Il n’est ni végétarien, ni antispéciste, cependant comme bien des Français, il se soucie du sort de nos compagnons à fourrure. Dans le cadre d’une étude qui lui a été demandée, il a remis une longue liste de propositions au Premier ministre. On y retrouve notamment la création d’un poste chargé de défendre la cause animale auprès du gouvernement.

Il pourrait s’agir d’un défenseur des droits (une idée de Robert Badinter, un ancien ministre de la Justice), d’un délégué interministériel ou d’un secrétaire d’État. Et pourquoi pas d’un ministre ! Pour les postes d’échelons inférieurs, il faudrait toutefois faire attention à ce qu’ils ne soient pas sous le contrôle du ministre de l’Agriculture, car cela réduirait leur marge de manœuvre, soulignent les ONG.

Divers candidats potentiels ont même été envisagés par le député maralpin. Pour commencer, il pense à Louis Schweitzer qui est l’ancien PDG de Renault et le président de la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences. Mais les possibilités ne s’arrêtent pas là. Par exemple, une soixantaine de députés ont signé une tribune contre la chasse il y a quelques semaines et certains pourraient aussi être dans la course.

Publiée par Loïc Dombreval sur Samedi 15 juillet 2017

Une démarche déjà tentée il y a quelques années

En 2016, 23 spécialistes de la cause animale avaient lancé un appel au Premier ministre de l’époque, Manuel Valls. Éthologues, zoologues, biologistes, juristes, philosophes… des auteurs du livre « Révolutions animales» (Arte éditions / Les Liens qui Libèrent) s’étaient réunis pour demander l’instauration d’un secrétaire d’État à la condition animale.

Les objectifs : prendre les bêtes en compte dans les décisions politiques, repenser la place de l’animal au sein du programme scolaire, favoriser l’enseignement du droit animalier dans les universités, former les policiers et les magistrats au bien-être des bêtes, renforcer les contrôles et les sanctions pour lutter contre la maltraitance…

« La satisfaction des enjeux culturels et économiques continue de primer sur les intérêts des animaux », s’exclamaient les intellectuels. Leur appel était malheureusement resté sans réponse. Près de quatre ans plus tard, les amis des bêtes reviennent à la charge et tentent de remettre l’idée du secrétaire d’État sur l’agenda politique. Espérons qu’ils seront entendus cette fois-ci…

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