« Le chien de Pavlov », il est fort probable que vous ayez déjà entendu cette expression quelque part. Et vous avez sûrement déjà appliqué ce qu’elle renferme sans même vous en rendre compte. Pavlov et Skinner sont deux chercheurs qui ont révolutionné le domaine de la psychologie en développant les 2 types de conditionnement du chien (et de l’homme !) : le conditionnement classique et opérant. Une bonne partie de l’éducation canine est basée sur leurs travaux. Voyons voir ce qu’on peut y apprendre…
Sommaire
Le conditionnement classique de Pavlov
L’expérience du chien de Pavlov
Yvan Pavlov était un médecin russe, lauréat du prix Nobel de physiologie et de médecine de 1904. Il a remarqué que son chien salivait quand on sortait de la nourriture. Le chercheur s’est alors mis à sonner une cloche avant chaque repas. Au bout d’un certain temps, il n’avait même plus besoin de sortir de la nourriture, le chien se mettait à saliver au simple son de la cloche ! Pavlov a réussi à associer cette salivation au son de la cloche. Il a conditionné son chien à saliver face à un stimulus neutre (qui n’est pas censé provoquer de réaction).
Vous aussi vous l’avez déjà fait !
Votre chien est fou de joie quand vous sortez la laisse car vous l’avez conditionné à associer l’excitation de la promenade au bruit de la laisse !
C’est la base de certaines phobies
Beaucoup de phobies se mettent en place via un conditionnement classique. Le chien associe un élément neutre (humains, autres chiens, coup de fusil, pétards …) à un élément désagréable (douleur, stress…). Par exemple, un chien qui se fait frapper par un homme risque d’associer la douleur aux hommes. Il finira avec une phobie des êtres humains.
Le conditionnement opérant de Skinner
C’est quoi la différence ?
Il s’agit d’un autre type de conditionnement assez similaire au précédent, à ça près que la réponse du chien y est volontaire. Dans l’exemple d’avant, le chien ne pouvait pas maîtriser sa réponse : on ne choisit pas de saliver ou non, c’est un réflexe hors de notre contrôle. Au contraire, dans le conditionnement opérant il s’agit d’une réponse volontaire : donner la patte, ne plus mâchouiller le pied de la table…
C’est la base de l’éducation canine
Quand on éduque son chien, on le conditionne pour qu’il associe une punition (ex : réprimandes) à un comportement à stopper (ex : mâchouiller nos chaussures) ou une récompense (ex : friandise) à un comportement à développer (ex : assis).
On peut ainsi réduire toutes sortes de comportements non désirés (chien qui aboie, mord, urine sur le tapis, creuse des trous dans le jardin, détruit les plantes vertes, fouille dans les poubelles, tire trop sur la laisse…) et inculquer toutes sortes de comportements désirés (au pied, assis, couché, donne la patte, pas bouger…).
Quelles sont les différents types de récompenses / punitions ?
Les récompenses peuvent prendre 2 formes :
– Ajout d’une chose agréable (dit « renforcement positif ») : friandise, gamelle de nourriture, caresses, mots gentils, promenade, jeux, augmentation du confort…
– Retrait d’une chose désagréable (dit « renforcement négatif ») : relâchement du collier étrangleur…
Les punitions peuvent également prendre 2 formes :
– Ajout d’une chose désagréable (dit « punition positive ») : gronder le chien, tirer fort sur la laisse, jet de citronnelle par certains colliers…
– Retrait d’une chose agréable (dit « punition négative ») : cesser le jeu, soustraire le chien de l’environnement riche et sympathique dans lequel il se trouvait (ex : salon rempli de gens et de jeux) et le mettre dans un environnement pauvre et ennuyeux (ex : salle de bains pendant 10 minutes).
Attention toutefois à ne pas trop punir un chien, cela risque d’altérer sa relation avec son maître et de poser des problèmes de bien-être animal.
Les règles d’or pour réussir à conditionner un chien
La proximité temporelle : les 2 stimuli à associer doivent être présentés à quelques secondes d’intervalle. Il ne faut pas récompenser son chien 3 jours après qu’il ait bien donné la patte !
La répétition : il faut réitérer le processus plusieurs fois. Il faudra gronder son chien à plusieurs reprises et plusieurs paires de chaussures seront sacrifiées avant qu’il n’apprenne à ne plus les manger.
Une intensité correcte : si votre chien est soumis à une récompense/punition trop faible, il risque de s’en moquer et le conditionnement ne marchera pas. À contrario, s’il est soumis à une punition trop violente, trop intense, il risque d’être traumatisé et de développer ce qu’on appelle une « réaction émotionnelle conditionnée » et des phobies, ce qui est plus que contre-productif. Ce genre de réactions peuvent s’installer très rapidement (en une seule exposition), durent longtemps et il est très difficile de s’en débarrasser.
Les règles d’or pour maintenir un conditionnement déjà installé
Il faut éviter « l’extinction »: si à la suite du stimulus neutre (ex : le chien donne bien la patte), vous cessez de présenter le stimulus significatif (ex : la caresse), à force votre chien va progressivement cesser d’associer les deux. Et il sera très difficile de le reconditionner à nouveau. On dit qu’il y a extinction du conditionnement. Toutefois, cela peut être utile si votre animal a acquis un conditionnement néfaste (ex : phobies) dont on veut se débarrasser.
Il faut éviter « l’oubli »: si vous cessez d’exposer votre chien aux deux stimuli, il va finir par oublier le conditionnement. Si vous arrêtez de lui demander « la patte », à partir d’un certain temps il va oublier ce tour. Il faut pratiquer pour ne pas oublier !
Pour terminer, on notera que tout cela fonctionne aussi avec les êtres humains, alors attention à ne pas vous faire conditionner également !
Vous aimerez aussi :