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Éducation : les techniques d’apprentissage chez le chien

Crédits : miki-tiger/iStock

Il existe différentes techniques d’apprentissage chez le chien. Il est important de les connaître si on veut  comprendre son animal et réussir à l’éduquer correctement. On vous explique les principales.

L’apprentissage par conditionnement classique

« Le chien de Pavlov » : il est fort probable que vous ayez déjà entendu cette expression quelque part. C’est le nom d’une expérience qui a révolutionné le domaine de la psychologie. Pavlov, un médecin russe, a remarqué que son chien salivait quand on sortait de la nourriture. Le chercheur s’est alors mis à sonner une cloche avant chaque repas. Au bout d’un certain temps, il n’avait même plus besoin de sortir de la nourriture, le chien se mettait à saliver au simple son de la cloche !

Pavlov a réussi à associer cette salivation au son de la cloche. Il a conditionné son chien à saliver face à un stimulus neutre (qui n’est pas censé provoquer de réaction). C’est ce qu’on appelle un conditionnement classique. Et vous aussi vous l’avez déjà fait ! Votre chien est fou de joie quand vous sortez la laisse car vous l’avez conditionné à associer l’excitation de la promenade au bruit de la laisse !

chien de pavlov
Crédits : Johnerickson/iStock

L’apprentissage par conditionnement opérant

Cette technique est assez similaire à la précédente, à ça près que la réponse du chien y est volontaire. Dans l’exemple d’avant, le chien ne pouvait pas maîtriser sa réponse : on ne choisit pas de saliver ou non, c’est un réflexe hors de notre contrôle. Au contraire, dans le conditionnement opérant il s’agit d’une action volontaire (ex : donner la patte).

C’est la base de l’éducation canine. Quand on éduque son chien, on le conditionne pour qu’il associe une punition (ex : réprimandes) à un comportement à stopper (ex : mâchouiller nos chaussures) ou une récompense (ex : friandise) à un comportement à développer (ex : assis).

L’apprentissage par habituation ou sensibilisation

Dans ce cas-ci, le stimulus neutre n’est pas suivi d’un autre stimulus agréable ou désagréable. Il n’y a pas d’association entre 2 éléments. Il n’y a qu’un seul stimulus. Par exemple, le chien entend un bruit ou voit quelque chose. Et c’est tout.

Quand un animal est confronté à un stimulus nouveau, isolé et sans conséquences, il est tout d’abord en état d’alerte face à l’inconnu. Puis, au fur et à mesure des expositions, il peut évoluer de 2 manières différentes :

Soit il aura de moins en moins peur jusqu’à ne plus réagir. C’est « l’habituation ». Par exemple, votre chiot voit une vache pour la première fois. Au début, il aura peur. Puis à force d’en voir il s’habituera jusqu’à ne même plus les remarquer.

Soit il aura de plus en plus peur. C’est « la sensibilisation ». Cela se produit surtout lorsque le stimulus est de forte intensité, qu’il apparaît de manière brusque, imprévue, irrégulière, rare et que le chien n’a pas la possibilité de fuir. Ce phénomène peut même évoluer en phobie. Par exemple, un chien croise des chasseurs et découvre le bruit des coups de fusils. Il est terrifié. Un an après, il en entend de nouveau et sa peur monte d’un niveau. Et ainsi de suite à chaque exposition.

chien peur fatigué couché
Crédits :WebSubstance / IStock

L’apprentissage par imitation

Comme son nom l’indique, ce type d’apprentissage consiste à observer puis à reproduire. Par exemple, lorsqu’il est petit, le chiot regarde sa mère puis calque son comportement.

C’est très pratique pour enseigner toutes sortes de choses à son animal. Par exemple, si votre chien n’est pas propre et fait ses besoins à l’intérieur, il peut être utile de le promener avec un second chien qui lui est propre. Le chien malpropre pourra l’observer, puis l’imiter. Un autre exemple est celui des phobies : si votre animal a une peur pathologique des êtres humains par exemple, vous pouvez lui montrer un autre chien dans les bras d’un homme. Il pourra apprendre que les hommes ne sont pas forcément méchants avec les chiens et il s’en rapprochera par imitation.

Toutefois cette méthode peut aussi être utilisée à mauvais escient si on ne fait pas attention. Par exemple, le chien copie également son maître. Donc si ce dernier est stressé par tous les autres chiens qu’ils rencontrent, pense qu’ils risquent de mordre son chien et se met alors à tirer sur la laisse pour partir en sens inverse, son chien risque de copier ce comportement et de devenir également méfiant et stressé par les autres animaux.

L’apprentissage par observation

Dans le cas de l’apprentissage par observation, l’animal regarde et reproduit également, mais cette fois-ci il regarde un autre individu en train d’apprendre quelque chose. Par exemple, votre chien observe un autre animal en train de se faire gronder pour avoir grignoté le pied de la table. L’autre chien est en train d’apprendre à associer « grignoter la table » et « réprimandes » par conditionnement opérant. Et votre chien est en train d’apprendre la même chose par observation.

chien qui observe
Crédits : Fred1966/Pixabay

L’apprentissage par intuition

Chez le chien, dans le cas de l’apprentissage par intuition, nous somme face à une situation que votre animal n’a jamais vécue ni observée. Toutefois, par intuition il arrive à la comprendre et à en tirer une leçon. Par exemple, votre chien observe un steak en train de cuire dans une poêle. S’il ne s’en approche pas dès le premier coup, c’est qu’il a appris tout seul par intuition que cela peut être dangereux.

Attention, s’il s’en approche, se brûle, et ne recommence plus à l’avenir, dans ce cas il s’agit d’un apprentissage par conditionnement opérant (il a appris à associer « brûlure » et « poêle »). Attention également, s’il vous a auparavant observé faire très attention et ne pas vous approcher de la poêle, dans ce cas ça sera un apprentissage par imitation.

L’apprentissage par imprégnation

C’est le processus par lequel votre chien apprend à quel espèce il appartient, quel est son sexe… C’est un apprentissage qui se déroule durant sa petite enfance (avant 4 mois d’âge) et qui est irréversible. Il restera fortement ancré jusqu’à sa mort. Un problème d’imprégnation peut causer de nombreux troubles comportementaux à l’âge adulte.

chiot
Crédits : Joel J. Martínez/Unsplash

L’apprentissage latent

Il s’agit d’un processus par lequel un animal stocke des informations sans conséquences (ni agréables, ni désagréables) qui pourront être utilisées plus tard au besoin. Par exemple, c’est ainsi que votre chien va mémoriser un itinéraire et être capable de revenir à la maison tout seul si un jour il se perd.

Pour finir, on notera que ces différentes méthodes d’apprentissage ne concernent pas uniquement le chien, elles sont similaires chez de nombreux mammifères… dont les êtres humains ! 

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