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Les chiens se reconnaissent-ils dans un miroir ?

Crédits : NinGNunG/iStock

Cette question peut paraître simple et anodine, mais figurez-vous qu’elle implique un élément bien plus profond : la conscience de soi. Les chiens en sont-ils dotés ? Pour pouvoir se reconnaître dans un miroir, il faut avoir conscience que l’on est un individu et que c’est notre reflet. De nombreuses études ont été faites sur le sujet. Alors, les chiens se reconnaissent-ils dans un miroir ? On vous emmène en voyage dans les tréfonds de la conscience canine !

La conscience de soi : qu’est-ce que c’est ?

C’est la capacité de se reconnaître comme un individu distinct des autres individus : comprendre le concept du « soi » et de « l’autre ». Il s’agit d’avoir conscience de son individualité : de sa propre apparence, de ses sentiments, de ses actions, de son identité… On a longtemps pensé que c’était le propre de l’homme : ce qui le différenciait de l’animal.

C’est également nécessaire pour comprendre que les autres ont des pensées et des connaissances différentes des nôtres (théorie de l’esprit) : les très jeunes enfants n’en sont pas capables, par conséquent ils pensent que tout le monde sait ce qu’ils savent sans avoir besoin de le dire. Alors, qu’en est-il des animaux ?

chien miroir
Crédits : Wrzesientomek/iStock

Le test du miroir : les chiens se reconnaissent-ils dans un miroir ?

Gordon Gallup, un psychologue à l’université de New York, a mis au point un test pour évaluer la conscience de soi chez un animal. Il s’agit de placer une marque rouge sur le corps du sujet à tester à un endroit qu’il ne peut pas voir seul (ex : son front), puis de le mettre face à un miroir. S’il a conscience que c’est sa propre image, il se mettra alors à toucher la marque, ou à bouger pour mieux l’observer et comprendre pourquoi son image a changé.

Divers animaux ont réussi le test avec brio : l’éléphant, le dauphin, l’orque, des primates (le bonobo, le chimpanzé et l’orang-outan), certains oiseaux (la pie, le pigeon), des poissons (le labre nettoyeur) et même des fourmis ! Et pour votre plus grand plaisir : voici une vidéo de dauphins durant leur test !

Cependant, le chien a échoué. Soit il traite son reflet comme s’il s’agissait d’un autre animal, soit il l’ignore complètement. Les scientifiques ont alors conclu qu’il n’était pas doté de conscience de soi.

Dr. Bekoff à la rescousse

C’est ici qu’intervient le docteur Marc Bekoff, outré par tant d’anthropomorphisme. En effet, cette conclusion bien hâtive a reçu beaucoup de critiques. Ce test prend des traits humains pour pré-requis. Mais les chiens n’ont pas le même comportement, ni les mêmes valeurs que les hommes ! Peut-être qu’ils reconnaissent leur reflet mais ne réagissent pas tout simplement parce qu’ils ne se soucient pas de leur apparence, contrairement aux humains.

De plus, certes les hommes appréhendent le monde avec leurs yeux. Cependant les chiens le font surtout avec leur truffe ! L’odorat est le sens le plus développé chez eux. Ils portent beaucoup plus d’attention aux stimulus olfactifs qu’aux stimulus visuels. Le problème vient peut-être tout simplement du sens utilisé pour tester la conscience de soi. Et si la bonne question n’était pas « les chiens se reconnaissent-ils dans un miroir », mais « les chiens se reconnaissent-ils olfactivement » ?

truffe chien
Crédits : AlexanderStein/Pixabay

Le chien flaire son « soi »

Le Dr. Bekoff a donc mis au point une autre expérience : « le test de la neige jaune ». Durant 5 hivers, il a récolté la neige sur laquelle son chien, Jethro, avait uriné et l’a déplacée ailleurs sur le bord du chemin. Il a ensuite répété le processus avec l’urine d’autres chiens. Ces différentes « neiges jaunes » n’étaient donc plus reconnaissables via leur localisation. Pour finir, le scientifique a de nouveau promené Jethro le long du chemin. Ses observations parlent d’elles-mêmes : il s’arrêtait à chaque « neige jaune » et la reniflait, cependant il passait beaucoup plus de temps sur celles des autres chiens et n’urinait que sur ces dernières. Jethro était donc capable de reconnaître sa propre odeur : de flairer son « soi ».

Divers autres tests basés sur le même principe (tel que le « sniff test of self-recognition » du Dr. Gatti) ont ensuite été faits en laboratoire, dans des conditions plus contrôlées, avec plus d’animaux et plus de variations. Et les mêmes résultats furent observés. Toutefois, il reste encore beaucoup de choses à découvrir sur le sujet et sur la conscience animale en générale. Mais il semblerait que ces petits toutous soient bien plus intelligents qu’on ne pourrait le penser

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