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Quels sont les chiens les plus vulnérables face aux fortes chaleurs ?

Crédit : Aapsky / iStock.

Quand l’été arrive, il amène avec lui des températures parfois étouffantes. Et avec le réchauffement planétaire, ce n’est pas près de s’améliorer… Par conséquent, les maladies liées à la chaleur sont de plus en plus fréquentes. On peut donc se demander quels sont les facteurs de risque augmentant leur incidence. En effet, tous les chiens ne sont pas égaux face au climat et c’est justement le sujet d’une étude qui vient de sortir…

Les dangers en cas de chaleur intense

L’OMS a classé le changement climatique dans le top 10 des menaces qui pèsent sur la santé mondiale. D’ici 2030, les maladies liées à la chaleur devraient causer près 250 000 morts humaines par an. Malheureusement, le problème n’en est pas moindre chez les animaux. À chaque vague de chaleur, certains finissent aux urgences. Dans une enquête menée par l’Association Vétérinaire Britannique auprès de ses praticiens, la moitié rapportent avoir rencontré environ cinq cas de maladies liées à la chaleur au cours de l’été 2016.

Quand la température extérieure grimpe, la température corporelle des chiens peut également s’élever au-delà des valeurs normales. On appelle ça un coup de chaleur ou hyperthermie. Cela peut tuer la bête de manière brutale. Il s’agit de la plus sévère des maladies liées à la chaleur, mais il en existe aussi d’autres telles que l’épuisement par la chaleur.

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Crédits : TitoOnz / iStock.

Une étude de grande ampleur

Une équipe de chercheurs anglais a donc décidé de faire un état des lieux des maladies liées à la chaleur chez nos amis canins. Leur travail, publié dans le journal Scientific reports, analyse les dossiers médicaux de 905 543 chiens vivant au Royaume-Uni et examinés durant l’année 2016. Ils ont été regroupés dans le programme VetCompass, une base de données élaborée pour soutenir la recherche scientifique. L’étude a relevé un taux de létalité de 14,18% chez les animaux touchés. Par ailleurs, elle a mis en évidence de nombreux facteurs de risque augmentant les chances de développer de telles maladies. Voici les principaux…

1. La race

Selon les scientifiques, les plus vulnérables sont (dans l’ordre) : le Chow Chow, le Bulldog anglais, le Bouledogue français, le Dogue de Bordeaux, le Lévrier anglais, le Cavalier King Charles Spaniel, le Carlin, le Golden Retriever et le Springer anglais.

D’autre part, comparés aux croisés, les chiens de races pures avaient presque deux (1,86) fois plus de chances d’avoir des problèmes. En effet, à cause de la sélection, ils ont tendance à posséder des caractéristiques plus exagérées qui les rendent sensibles aux fortes chaleurs (pelage épais, taille gigantesque, brachycéphalie…).

2. La forme du crâne

La brachycéphalie ressort comme un facteur de risque conséquent. Il s’agit des animaux avec un crâne aussi large que court et dont le museau semble aplati (Bouledogue, Carlin…). Ces chiens sont très courants de nos jours. D’ailleurs, ils représentent 18,42% des animaux de la base de données analysée.

Malheureusement, ils ont souvent du mal avec les fortes températures. Selon une enquête récente, plus d’un tiers des propriétaires de chiens brachycéphales rapportent que leur animal a des problèmes de régulation de la chaleur. D’autre part, selon cette nouvelle étude, ils sont 2,1 fois plus à risque que les chiens mésocéphales (avec un crâne de longueur intermédiaire).

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Crédits : Freepik.

3. Le poids

Dans cette catégorie, le premier facteur de risque relevé est le surpoids (animal trop lourd comparé à la moyenne de sa race et de son sexe). C’est pourquoi peser son chien régulièrement et faire attention à sa ligne est l’un des principaux moyens de prévention des maladies liées à la chaleur.

Le second facteur observé est un poids élevé de manière générale, même s’il est dans la norme. En effet, comparé à une boule de poils de 10 kg, un grand chien de 50 kg a 3,42 fois plus de chances d’avoir des soucis. Par exemple, le Chihuahua s’est révélé être l’une des races les moins à risque, car bien qu’elle soit brachycéphale, sa taille minuscule rattrape le tout. Les petits animaux ont une surface corporelle importante comparée à leur poids. Par conséquent, ils évacuent plus facilement la chaleur, ce qui les rend moins vulnérables aux températures élevées (mais plus vulnérables au froid).

4. L’âge

Les chiens dépassant 12 ans d’âge étaient les plus à risque dans cette analyse. Cela pourrait s’expliquer par le fait qu’ils sont sujets à diverses maladies concomitantes les affaiblissant. En outre, chez l’homme on a démontré que la vieillesse va de pair avec une altération des mécanismes de lutte contre la chaleur. Cependant, davantage d’études sur les toutous sont nécessaires pour déterminer si c’est aussi le cas chez eux. Les deux autres tranches d’âge particulièrement touchées, juste après les vieux chiens, sont les animaux de 2 à 4 ans et ceux de 6 à 8 ans.

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Crédits : Uk_mal / iStock.

5. Les autres facteurs de risque

Pour commencer, tout ce qui peut élever la température extérieure amplifie bien évidemment le danger : chien laissé dans une voiture en plein soleil ou dans une petite pièce mal ventilée durant la canicule, pays chaud…

De plus, d’autres données qui n’ont pas été analysées dans cette étude peuvent également augmenter le risque : activité physique importante, déshydratation, maladie concomitante (surtout respiratoire ou cardiaque), humidité

La fourrure est probablement aussi un facteur. Les chercheurs rapportent d’ailleurs que le Golden Retriever est 2,67 fois plus à risque que le Labrador. Or, l’une des principales différences entre ces deux races est la longueur de leurs poils.

Néanmoins, selon cette étude, deux éléments ne semblent pas avoir d’incidence sur le développement d’une maladie liée à la chaleur : le sexe du chien et la stérilisation.