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Ces entreprises proposent de cloner votre chien : focus sur un business troublant

Crédits : Sponchia/Pixabay

Quand leur chien vient à s’éteindre, certains maîtres ont tellement de mal à dire au revoir qu’ils décident de ne pas le faire. L’alternative : cloner son chien et continuer comme si de rien n’était. C’est ce que vous proposent Viagen et Sooam, deux entreprises originaires d’Amérique et de Corée du Sud. Focus sur un business troublant.

Le « pet cloning », qu’est-ce que c’est ?

Le «  pet cloning », ou clonage d’animaux de compagnie, est un phénomène qui se développe depuis quelques années. Pour la modique somme de 50 000 à 100 000 dollars, les sociétés Viagen et Sooam proposent de cloner votre chien mourant ou défunt et de vous en donner un autre identique mais en pleine forme. Il n’y a plus qu’à lui donner le même nom et le tour est joué… Gagner de l’argent en exploitant la tristesse des propriétaires en deuil, c’est un business très lucratif.

Le processus de clonage

Pour cloner son chien, il faut tout d’abord lui prélever un échantillon de peau. L’animal doit être encore vivant ou décédé depuis moins de 5 jours. Puis, vous devez envoyer le prélèvement à Viagen ou Sooam. La compagnie va injecter une de ces cellules dans un ovocyte prélevé sur une chienne donneuse. Celui-ci aura préalablement été vidé de son noyau. Des chocs électriques sont ensuite appliqués afin de faire fusionner la membrane de l’ovocyte et celle de la cellule de votre chien. Voilà : l’embryon est crée. L’étape suivante consiste à l’implanter dans l’utérus d’une chienne mère porteuse. Deux mois plus tard, un clone naît. Ou pas…

chien clone
Crédits : alles-so-schoen-bunt-hier/Pixabay

Et le bien-être animal dans tout ça ?

Il faut savoir qu’un bon nombre de clones décéderont en cours de route. Pour obtenir un seul clone viable, il faut implanter une centaine d’embryons. La génétique a par essence une part d’arbitraire et nous ne maîtrisons pas très bien les techniques de clonage, donc beaucoup d’embryons finissent déformés, endommagés, porteurs d’anomalies génétiques, et meurent au cours de la gestation ou peu après la naissance. C’est d’ailleurs un des risques freinant le développement du clonage humain : ça n’est pas très éthique de faire naître plusieurs bébés déformés afin d’en obtenir un seul en bonne santé. Mais si nous trouvons ça inacceptable chez l’homme, pourquoi l’acceptons nous chez le chien…

De plus, les chiennes mères porteuses et donneuses d’ovocytes sont également les grandes victimes de l’histoire. Elles passent leur vie à mettre bas encore et encore telles des machines reproductrices, à recevoir des injections d’hormones et à endurer des chirurgies invasives. En effet, il faut leur ouvrir l’abdomen pour prélever leurs ovocytes et pour leur implanter des embryons. Sans compter qu’il faut un bon nombre de mères porteuses pour réussir à produire un seul clone viable. Snuppy, le premier chien cloné, a nécessité 123 mères porteuses et a engendré plus de 1000 morts embryonnaires.

chirurgie
Crédits : Skeeze/Pixabay

Une utilité controversée

Au-delà des considérations de bien-être animal et d’éthique, il faut aussi s’interroger sur l’utilité de cette pratique. Un clone n’aura pas le même caractère que le chien original. La personnalité ne dépend pas juste de la génétique, elle dépend en grande partie du vécu et de l’environnement. Regardez deux jumeaux humains : ce sont des clones biologiquement parlant, cependant ils n’ont absolument pas le même caractère. Cloner sa défunte boule de poils ne la ramènera donc pas. Au mieux, on obtiendra une copie physique de celle-ci. Et si tout ce qui compte c’est l’apparence, dans ce cas il est également possible de dénicher un chien non cloné, de la même race, au physique assez proche, et ce pour beaucoup moins d’argent et beaucoup moins de souffrance animale.

De plus, les refuges sont remplis de chiens et de chiots abandonnés qui n’attendent que d’être adoptés. Comme dit l’expression « un mal pour un bien », ne serait-ce pas là l’occasion de faire une bonne action et de sauver l’une des ces boules de poils malheureuses ? Au lieu de payer des milliers d’euros pour s’agripper vainement à la mémoire de son animal défunt en tentant d’en créer une pale copie qui ne sera jamais 1/1000 de ce qu’il a été… Parfois, c’est peut-être plus sain de savoir dire au revoir.

Les chiens entrent dans notre vie pour nous enseigner l’amour. Ils partent pour nous apprendre à perdre. Un nouveau chien ne remplace jamais un vieux chien, il ne fait qu’agrandir le cœur.

– Erica Jong

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