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Comment les Pays-Bas ont mis fin aux chiens errants ?

Crédits :Sunlion2000 / IStock

Tandis que certains pays européens subissent une surpopulation en matière d’animaux errants, un seul pays a réussi à éradiquer ce fléau : les Pays-Bas. Et ce, dans le respect de l’animal, sans aucun abattage. Comment ont-ils fait ? C’est ce que nous allons vous expliquer…

1. Les chiens errants en Europe : un phénomène difficile à combattre

Sur les 27 Etats européens, 16 pays seraient atteints de surpopulation en matière de chiens errants. Au top du classement des pays les plus touchés se trouvent : la Russie avec environ 4 millions d’individus en liberté et sans soin, la Roumanie et la Turquie avec 2 millions, l’Ukraine avec 1 million, suivie de près par l’Espagne avec 800 000 chiens à la rue (ce qui représentent environ 300 abandons par jour) !

La France a également été touchée par cette problématique. Néanmoins, les chiffres restent constants. Pour éviter la surpopulation, notre pays a mis en place un protocole réglementé.

Tout d’abord, le maire est désigné comme responsable des animaux errants sur sa commune. De ce fait, il doit être informé de tout animal errant sur son territoire. Ainsi, il doit s’assurer  que l’animal soit pris en charge par la fourrière de son département.

La fourrière s’occupe du chien pendant 8 jours, temps durant lequel elle procède à une recherche active des propriétaires.

Si les propriétaires ne sont pas retrouvés, alors l’animal est confié à une association de protection animale qui se charge de lui trouver une famille adoptive.

chien abandon rue
Crédits :Osobystist / IStock

Bien que l’Etat ait décidé d’agir en faveur des animaux errants, les abandons en France sont toujours très conséquents : 60 000 animaux sont abandonnés par an, dont 40 OOO en saison estivale !

Le nombre de chiens errants est d’autant plus important dans les DOM-TOMS. En effet, la relation aux chiens y est différente : les toutous appartiennent au village. Personne n’a donc l’entière responsabilité de l’animal, personne n’est donc obligé de payer pour eux. Et le contexte économique sur les îles n’aide pas les choses…

Pour agir sur les abandons, la France a changé le statut juridique des animaux de compagnie. Depuis 2015, le chien n’est plus un bien, mais c’est “un être vivant et sensible” d’après le Code Rural et le Code Pénal. Maintenant, il est plus facile de sanctionner les personnes ayant abandonné ou maltraité un animal : amendes et peine de prison les attendent au tournant !

2. Un peu d’histoire sur l’errance des chiens…

Les chiens ont toujours été très présents aux Pays-Bas. Au XIX siècle, quasiment tous les foyers néerlandais avaient un ou plusieurs chien(s). Ces chiens étaient d’ailleurs le signe de leur richesse. Tandis que les foyers aisés possédaient des chiens de race pour la compagnie, les foyers moins favorisés faisaient garder leurs maisons par des chiens issus de croisements divers. Comme dans tous pays, lorsque ces animaux étaient plus contraignants qu’utiles, ils se retrouvaient abandonnés dans les rues.

chien triste abandon
Crédits :bbbrrn

La population de chiens errants a progressivement augmentée, et le fléau de la rage a obligé les Etats à agir. L’abattage des chiens errants est alors devenu monnaie courante. Ce n’est qu’autour des années 1870 que les abus de violence à l’égard des chiens ont été répréhensibles.

3. Comment les Pays-Bas ont-ils réussi à mettre fin aux chiens errants ?

Certains pays tentent d’en finir avec ce problème en exterminant en masse les chiens errants. Mais cette méthode d’intervention est sans succès : elle ne met pas fin aux abandons. Les chiens abattus sont rapidement remplacés par une nouvelle génération…

Les Pays-Bas ont fini par le comprendre. C’est pourquoi ils ont suivi une toute autre logique avec le Programme RSVIR : Recueillir, Stériliser, Vacciner, Identifier et Restituer.

Tout d’abord, les Pays-Bas ont misé sur de nombreuses campagnes de sensibilisation à la souffrance animale, additionnées à une législation plus ferme : un maître qui abandonne son animal risque une amende de 16 000 et jusqu’à 3 ans de prison ! La vie d’un chien n’est plus à la merci de ses maître, si vous êtes néerlandais et que vous pensez qu’il est mieux pour votre animal de l’euthanasier, vous devez d’abord avoir l’accord d’un juge.

Parallèlement, le pays a développé une action de stérilisation massive des chiens ! La stérilisation est devenue obligatoire, et tous les chiens errants et de refuge en ont bénéficié gratuitement.  De plus, les Pays-Bas ont appliqué de nouvelles taxes élevées sur l’achat des animaux de race afin d‘inciter les personnes à adopter plutôt qu’acheter à des particulier ou des éleveurs.

Au final, toutes ces interventions de l’Etat ont porté leurs fruits :  90% des néerlandais ont adopté un chien ! 

Il est vrai que ces mesures existent dans d’autres pays, mais elles sont bien souvent moins bien poussées pour des raisons économiques. Les pays en crise économique ont d’autres priorités que la cause animale. Les Pays-Bas sont un pays riche, composé de 17 millions d’habitants, ce qui est peu. Leur contexte socio-économique est donc très favorable, ils peuvent plus facilement agir sur le phénomène des chiens errants que la plupart des autres pays touchés.

Sources

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