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La démodécie du chien : cause, symptômes et traitement

Crédits : Visivasnc / iStock.

La démodécie, ou gale folliculaire, est une maladie cutanée. À quoi est-elle due ? Comment un chien tombe-t-il malade ? Quels sont les symptômes et le traitement ? Zoom sur ce problème épineux.

À quoi est due cette maladie ?

Elle est causée par un acarien : Demodex canis (il existe aussi d’autres espèces moins fréquentes comme D. cornei et D. injai). C’est un petit parasite allongé et invisible à l’œil nu. Les adultes mesurent environ 150 à 250 micromètres. Ils envahissent les follicules pileux et leurs glandes annexes.

démodécie chien
Crédits : Bill rix / Flickr.

Comment un chien attrape-t-il la démodécie ?

Le parasite peut passer d’un animal à un autre mais uniquement lors de contacts directs très intimes, répétés et principalement au cours des premiers jours de vie. Ainsi, la transmission a surtout lieu entre une mère atteinte allaitant/toilettant ses chiots nouveau-nés ou entre les petits d’une même portée.

Il n’y a en revanche aucune transmission via le placenta, le lait ou d’autres espèces animales (D. canis est très spécifique du chien). De plus, ce parasite ne survit pas longtemps dans l’environnement.

Néanmoins, on ne considère pas vraiment que cette maladie soit contagieuse au sens strict du terme. Près de la moitié des chiens sont porteurs du parasite sans pour autant présenter de symptômes. Tomber malade dépend surtout de la présence d’une immunité compromise qui permet à Demodex de proliférer de manière anormale et excessive

Les facteurs de risque

  • L’âge : la plupart du temps, la maladie concerne des chiens de moins d’un an.

  • Certaines races sont prédisposées : Amstaff, Berger allemand, Berger belge, Bobtail, Boston Terrier, Bouledogue anglais et français, Cavalier King Charles, Cocker, Dalmatien, Doberman, Dogue allemand, Dogue argentin, Dogue de Bordeaux, Labrador, Lévrier Afghan, Mâtin de Naples, Rottweilers, Shar Peï, Teckel, Westie, Yorkshire Terrier… Les animaux de race pure et à poils courts sont plus touchés en général.

  • Une peau grasse (par exemple à cause d’une hypothyroïdie) ou humide de manière persistante (lavages excessifs, plis cutanés…).

  • Une immunité compromise : naturellement (mise bas, lactation, stress…), prise de certains médicaments (corticoïdes, chimiothérapie…), maladie (syndrome de Cushing, leishmaniose…). C’est souvent l’origine du problème en cas de maladie chez un adulte.

  • On pense qu’il y a un facteur héréditaire chez les jeunes chiots atteints (également un problème immunitaire), car certaines mères donnent systématiquement des portées touchées. On conseille d’ailleurs de les retirer de la reproduction et de les faire stériliser afin de lutter contre cette affection.

Les symptômes de la démodécie du chien

De nombreux animaux ne developpent aucun signe clinique et restent des porteurs sains. Toutefois, d’autres tombent malades. Cela peut se présenter de différentes manières.

La forme sèche localisée

Elle provoque des pertes de poils circulaires et bien circonscrites, des rougeurs, des squames (sortes de pellicules), de la seborrhée (sécrétion excessive de sébum, une matière grasse) avec une odeur forte, des comédons (points noirs), des zones hyperpigmentées… Cependant, il n’y a pas ou peu de démangeaisons.

Les lésions sont de petite taille, peu nombreuses et surtout localisées au niveau de la face (autour de yeux et des lèvres), de l’encolure ou des membres antérieurs. La maladie guérit d’elle-même dans la majorité des cas.

La forme sèche généralisée

Cela arrive d’emblée ou suite à une forme sèche localisée. Les lésions sont similaires à celles vues précédemment, toutefois elles concernent une grande partie du corps et s’accompagnent d’une atteinte de l’état général (abattement, perte d’appétit…). D’autre part, l’évolution est moins favorable et on note une tendance à s’infecter.

La forme surinfectée

C’est une complication de la démodécie sèche généralisée. Les lésions du point précédent s’aggravent avec infection bactérienne (pyodermite). Les symptômes sont beaucoup plus intenses. Par ailleurs, d’autres signes peuvent apparaître : démangeaisons, pustules douloureuses, furoncles, cellulite (une infection de la peau et des tissus sous-jacents), fièvre, augmentation de la taille des ganglions… Si la maladie n’est pas correctement prise en charge, elle peut évoluer en septicémie (une infection généralisée), atteindre les reins (glomérulonéphrite) et causer la mort de l’animal.

Les formes particulières

La pododémodécie est une forme sèche localisée au niveau des extrémités (espaces interdigités, doigts). Elle engendre des boiteries et des douleurs importantes. C’est une présentation assez grave, car elle se complique souvent et rapidement par une surinfection bactérienne.

L’otite démodécique est une autre atteinte qui touche l’oreille externe. Cette dernière devient alors rouge, remplie de cérumen et se surinfecte parfois. La plupart du temps, on ne l’observe pas seule, elle accompagne d’autres formes de démodécie.

Pour ce qui est des espèces de Demodex moins fréquente, la première D. cornei, est souvent associée à D. canis et donne donc des signes assez similaires, mais localisés n’importe où sur le corps. Quant à la seconde, D. injai, elle engendre surtout une séborrhée importante (peau grasse et malodorante) au niveau du dos de l’animal, les autres signes sont moins sévères en général.

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Crédits : TimoninaIryna / iStock.

Comment se passe le diagnostic ?

Il se base tout d’abord sur le contexte (âge du chien, race, type de poils…), les symptômes rapportés et l’examen clinique. Le vétérinaire pourra ensuite recommander différents examens complémentaires :

  • Un raclage cutané profond. C’est la méthode de référence. Elle consiste à presser une zone de peau, puis à la gratter avec une lame de bistouri jusqu’à la rosée sanguine. On regarde ensuite l’échantillon au microscope afin d’y mettre en évidence le parasite.

  • Un trichogramme : quelques poils sont arrachés et observés au microscope.

  • Une biopsie.

En outre, une prise de sang est parfois demandée afin d’évaluer l’état général de l’animal ou de rechercher une cause sous-jacente si le vétérinaire en suspecte une.

Le traitement de la démodécie du chien

L’animal doit-il être traité ?

Ça n’est pas nécessaire en cas de démodécie sèche localisé, car la plupart du temps la maladie régresse d’elle-même en quelques semaines ou en quelques mois. Mais un suivi vétérinaire rigoureux doit tout de même être réalisé.

Par contre, le traitement est essentiel en cas de démodécie sèche généralisée, de démodécie surinfectéé ou de pododémodécie. Il peut également être envisagé lors d’atteintes auriculaires.

Quel est le traitement ?

Le soins sont long et peuvent durer plusieurs mois. Pour commencer, on instaurera un traitement causal (contre Demodex). Ce dernier se compose d’antiparasitaires sous forme topique (bains, pipettes) ou systémique (comprimés à avaler).

Un traitement symptomatique est aussi utile. Il consiste à tondre l’animal et à lui appliquer des shampoings particuliers afin de nettoyer les lesions et de vidanger les follicules pileux (produits antiséborrhéiques, comédolytiques, antiseptiques…).

Pour finir, toute maladie concomitante et tout facteur de risque devront être traités dans la mesure du possible. Il en va de même pour les complications. Ainsi, des antibiotiques seront également essentiels s’il y a une surinfection bactérienne.

Le suivi

Dans tous les cas, un suivi vétérinaire doit être réalisé une fois par mois (examen clinique, raclage cutané…). Il est important pour surveiller l’évolution de la maladie et repérer toute complication.

Par ailleurs, lorsqu’un traitement a été mis en place, cela permet d’évaluer son efficacité, de l’ajuster et de savoir quand le stopper. On le continuera jusqu’à la régression des symptômes et l’obtention de deux raclages cutanés négatifs à un mois d’intervalle. Cependant, par la suite il faudra toujours garder un œil sur l’animal de manière régulière car les rechutes ne sont pas rares.