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Cortisone et autres anti-inflammatoires stéroïdiens chez le chien

Crédits : jcomp/Freepik

Les corticoïdes, ou anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS), sont des médicaments essentiels. Le plus connu d’entre eux est la cortisone. Ces substances ont de nombreux effets utiles et de nombreux effets néfastes. Elles doivent donc être utilisées de manière raisonnée. On vous explique l’essentiel à savoir.

Les 2 types d’anti-inflammatoires : AINS versus AIS

Il existe 2 types de médicaments anti-inflammatoires différents :

  • Les Anti-Inflammatoires Stéroïdiens ou AIS. Ce sont des corticoïdes.
  • Les Anti-inflammatoires Non Stéroïdiens ou AINS. Vous en connaissez sûrement certains comme l’ibuprofène chez l’homme.

Ils n’ont pas la même structure, pas le même mécanisme d’action, pas les mêmes utilisations et pas les mêmes effets secondaires.

Corticoïdes naturels versus corticoïdes de synthèse

Les corticoïdes naturellement présents dans l’organisme

Les hormones stéroïdiennes sont des molécules fabriquées par l’organisme. Il en existe plusieurs types : les glucocorticoïdes (ex : cortisol), les minéralocorticoïdes (ex : aldostérone) et les stéroïdes sexuels (ex : œstrogènes, testostérone, progestérone).

Les glucocorticoïdes sont ceux qui nous intéressent ici. Ils sont sécrétés par des petites glandes situées au-dessus des reins de votre chien : les glandes surrénales. Ce sont des hormones essentielles à l’organisme.

cortisol
Crédits : Piotrekswat/iStock

Les corticoïdes de synthèse

Les médicaments anti-inflammatoires stéroïdiens sont des molécules fabriquées en laboratoire. Elles miment les glucocorticoïdes naturellement produits par l’organisme. Toutefois, elles sont plus puissantes et plus spécifiques que ces derniers. On citera par exemple la dexaméthasone et la prednisolone.

Les effets des glucocorticoïdes

Propriétés anti-inflammatoires

L’inflammation est une réaction normale de l’organisme lorsqu’il est face à une agression physique (ex : brûlure thermique, trauma, radiations), chimique (ex : brûlure chimique par un produit ménager corrosif), ou biologique (ex : infection, cancer, allergie, maladie auto-immune).

Les principaux symptômes d’une inflammation sont : la rougeur (“rubor”), le gonflement (“tumor”), une sensation de chaleur (“calor”), une douleur (“dolor”), et un fonctionnement anormal de l’organe touché (“functio laesa”).

À la base, il s’agit d’un mécanisme bénéfique mis en place afin de protéger et de réparer les tissus lésés. Toutefois, il arrive qu’il devienne délétère et qu’il faille le stopper. C’est ici qu’interviennent les glucocorticoïdes.

Propriétés immunosuppressives

Les glucocorticoïdes inhibent l’activité du système immunitaire. Ce qui explique leur utilité en cas de maladie causée par un dysfonctionnement de ce dernier (allergies, maladies auto-immunes…).

Action sur le métabolisme

Ces hormones régulent les glucides, les protéines et les graisses de l’organisme. Elles ont une action hyperglycémiante (augmentation du taux de sucres sanguins). De plus, elles lysent les tissus graisseux et les réorganisent. Pour finir, elles entraînent une fonte musculaire.

Les glucocorticoïdes interagissent également avec le métabolisme du calcium et des os. Au bout du compte, ils engendrent une résorption osseuse.

Autres effets

Ils ont également de nombreux autres effets sur l’organisme, notamment au niveau du système nerveux, cardiovasculaire ou digestif, des reins, de l’horloge interne, du comportement et de la mise bas.

corticoïdes
Crédits : Wordle

Les effets indésirables des traitements à base d’AIS

AIS par voie locale (sur la peau, les oreilles, les yeux…)

Lorsqu’ils sont utilisés localement (ex : pommade cutanée, spray oculaire, gouttes pour les yeux…), les AIS n’ont pas, ou très peu, d’effets secondaires systémiques (ceux des AIS par voie générale). Ils peuvent éventuellement causer une allergie ou une infection locale. En cas d’utilisation prolongée, il peuvent engendrer une atrophie cutanée en cas d’application sur la peau, ou des problèmes oculaires en cas d’application dans l’œil.

AIS par voie générale (injection et comprimés)

– Augmentation de l’appétit, de la soif, et des urines (polyphagie, polyurie, polydipsie)

Infections secondaires (à cause de l’effet immunosuppresseur).

Ulcères de l’estomac. Mais cela arrive surtout si on associe un AIS et un AINS.

Hypertension. Troubles du rythme cardiaque.

– Altération de la formule sanguine (nombre de globules blancs et rouges).

– Retard de cicatrisation.

– Atrophie cutanée (affinement et fragilisation de la peau).

Hyperglycémie. Les AIS peuvent aggraver ou déclencher un diabète sucré.

Ostéoporose. C’est une maladie osseuse qui cause des fractures spontanées.

– Lésions articulaires, fragilisation des tendons et des ligaments.

– Faiblesse musculaire.

– Ralentissement de la croissance.

– Problèmes oculaires : ulcères de la cornée, glaucome, cataracte.

Avortements et effet tératogène (malformations du fœtus).

Insuffisance surrénalienne iatrogène.

chien carlin
Crédits : Pxhere

Quand utilise-t-on des AIS ?

Ces médicaments sont utilisés pour traiter tout type d’organe. On les emploie en cas d’allergie  (ex : choc anaphylactique, dermatite atopique), de maladie auto-immune (ex : lupus, pemphigus foliacé) ou à médiation immune (ex : méningite cortico-répondante, polyarthrite), de cancer (ils servent parfois de chimiothérapie) ou d’inflammation quelconque (ex : hernie discale, uvéite). Ils traitent également l’insuffisance surrénalienne (où les glandes surrénales ne produisent pas assez de corticoïdes naturels).

Ils peuvent être donnés de manière ponctuelle pour des problèmes aigus ou à plus long terme pour des problèmes chroniques. Dans ce dernier cas, le risque d’effets secondaires devient de plus en plus important.

médicaments
Crédits : Freepik

Précautions avant d’utiliser des AIS

Il y a de nombreuses situations dans lesquelles il faut éviter les corticoïdes. C’est par exemple le cas si votre chien a une infection non contrôlée, si ses glandes surrénales produisent déjà trop de corticoïdes (maladie de Cushing), s’il a diverses autres maladies (diabète, ostéoporose, insuffisance rénale ou cardiaque, glaucome, ulcère de la cornée…) ou s’il s’agit d’une femelle gestante.

Il ne faut pas donner d’anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) en même temps que des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) car cela décuple le risque d’ulcère. Les AIS peuvent également interagir avec divers autres médicaments (ex : certains diurétiques et certains médicaments cardiaques comme les digitaliques).

Toute vaccination doit être évitée lorsque le chien prend un traitement à base d’AIS. Il convient de le stopper 2 semaines avant et après. L’effet immunosuppresseur des AIS empêche la vaccination de fonctionner correctement. De plus cela peut poser un risque s’il s’agit d’un vaccin vivant atténué ou vectoriel.

En cas de traitement sur le long cours, il ne faut pas arrêter le médicament de manière brutale. L’arrêt doit être progressif.

Il est donc très important de respecter méticuleusement la prescription de votre vétérinaire (médicament, dose, durée du traitement…).

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