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L’insuffisance rénale chez le chien : causes, symptômes et traitement

Crédits : Isabela Kronemberger/Pixabay
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L’insuffisance rénale du chien est une maladie très problématique. Il s’agit d’une altération du fonctionnement des reins. Elle peut être aiguë ou chronique. Les symptômes apparaissent lorsque 75% de la fonction rénale (un rein et demi) est en panne. On vous explique l’essentiel à savoir.

Insuffisance rénale aiguë VS chronique

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) surgit de manière brusque et violente. Elle est souvent réversible. Les chiens de tout âge sont concernés.

L’insuffisance rénale chronique, ou maladie rénale chronique (IRC ou MRC), se met en place petit à petit. Il existe 4 stades selon la gravité de l’atteinte. Les dégâts rénaux sont irréversibles. Cela arrive surtout chez les chiens âgés (mais pas que).

Les reins n’arrivent plus à assurer leurs rôles

Rôle de purificateur

Le rein est une sorte d’épurateur. Il filtre le sang en permanence et sélectionne les déchets à excréter dans les urines (urée, créatinine, toxines, médicaments…). Lors d’insuffisance rénale, ces déchets s’accumulent dans le sang et provoquent divers symptômes (syndrome urémique…).

Maintien de l’équilibre hydrique, électrolytique et acido-basique (eau, ions, pH)

Les reins équilibrent les concentrations en ions et le pH du sang. Lors de la filtration, ils sélectionnent aussi les ions/acides/bases en excès à excréter et ceux qui font défaut à garder. En cas d’insuffisance rénale, ils n’assurent plus ce rôle correctement et des troubles électrolytique ou acido-basiques peuvent donc apparaître.

Les reins maintiennent également le volume d’eau du corps constant en concentrant plus ou moins les urines. En cas d’excès d’eau, ils produisent beaucoup d’urines diluées. Et en cas de manque d’eau, ils en émettent un faible volume concentré. Si les reins sont abîmés, ils auront du mal à concentrer les urines qui seront donc trop diluées en toutes circonstances.

Production d’hormones

Diverses hormones (ADH, EPO, vitamine D) sont produites par les reins. Elles régulent la pression sanguine, la production de globules rouges, le taux de calcium et la minéralisation des os. Il peut donc y avoir de l’hypertension, une anémie ou des problèmes osseux lors de troubles rénaux. Cela arrive surtout en cas d’insuffisance rénale chronique.

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Crédits : Haneefa Nizamudeen/iStock

Les causes d’insuffisance rénale chez le chien

Les causes d’insuffisance rénale aiguë

En général, elles sont classées en 3 catégories : rénales, pré-rénales ou post-rénales. Dans les 2 derniers cas, les reins sont en bonne santé et le problème vient d’ailleurs.

L’IRA rénale est une atteinte des reins qui peut être provoquée par :
– Une infection rénale ou généralisée : pyélonéphrite, leptospirose, leishmaniose, septicémie…
– Des médicaments ou des toxiques : antibiotiques, AINS, raisins, antigel à l’éthylène glycol…
– Des dégâts rénaux dus à une ischémie (une mauvaise irrigation sanguine).
– Un cancer : lymphome…
– Une maladie inflammatoire : glomérulonéphrite, lupus…

L’IRA pré-rénale résulte d’une diminution du flux de sang qui arrive aux reins. Cela peut être causé par une chute de la tension artérielle, une baisse du volume sanguin (ex : déshydratation, état de choc hypovolémique), une insuffisance cardiaque, un caillot sanguin…

L’IRA post-rénale est due à un problème au niveau des voies urinaires (uretères, vessie, urètre) : rupture, obstruction par un calcul, une tumeur ou une prostate trop élargie…

Les causes d’insuffisance rénale chronique

Il s’agit parfois d’une séquelle suite à une insuffisance rénale aiguë. Il arrive aussi que l’IRC découle d’un problème rénal congénital et/ou héréditaire (amyloïdose, reins polykystiques, glomérulopathie, dysplasie…). Une maladie acquise au cours de la vie du chien peut également être en cause (hydronéphrose et calculs urinaires, infection chronique, intoxication chronique, ischémies répétées, tumeur, maladie inflammatoire…).

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Les raisins sont toxiques pour le chien. Crédits : Maja Petric/iStock

Les symptômes d’insuffisance rénale chez le chien

– Signes généraux : abattement, faiblesse, perte d’appétit, amaigrissement si cela devient chronique…

– Problèmes urinaires : diminution (en cas d’IRA) ou augmentation (en cas d’IRC) du volume des urines. Dans ce dernier cas, le chien boit beaucoup pour compenser les pertes mais il se déshydrate quand même (polyurie-polydipsie).

– Troubles digestifs : mauvaise haleine (odeur d’urée), nausées, vomissements parfois sanguinolents, ulcères au niveau de la bouche ou de l’estomac, diarrhée…

– Altérations cardiovasculaires : troubles du rythme cardiaque (si le potassium augmente trop en cas d’IRA), pression artérielle trop élevée (hypertension)…

– Signes respiratoires : accumulation de liquide dans les poumons (œdème pulmonaire), pneumonie urémique…

Troubles oculaires pouvant aller jusqu’à la cécité.

– Problèmes osseux (en cas d’IRC) : fractures, boiteries, douleurs, déformations des os… Une hyperparathyroïdie secondaire se met en place et cause des résorptions osseuses, des minéralisations des tissus mous (ex : au niveau des reins ou des artères)…

– Signes nerveux : tremblements, incoordination, crises épileptiques, coma (encéphalopathie urémique)…

Il peut également y avoir d’autres symptômes liés à la maladie qui a causé cette insuffisance rénale.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Une prise de sang montrera une élévation de certains déchets mal excrétés (urée et créatinine), des troubles ioniques ou acido-basiques (acidose, augmentation du phosphore sanguin…). Il peut aussi y avoir une anémie (chute des globules rouges) en cas d’IRC.

Une analyse d’urine peut dévoiler une densité urinaire anormale (trop concentrée en cas d’IRA pré-rénale ou trop diluée si les reins sont trop abîmés pour concentrer les urines), des protéines (en cas d’IRC les reins laissent passer des éléments qu’ils ne devraient pas comme les protéines), un RCPU anormal (ratio protéine/créatinine), du glucose (en cas de leptospirose), des cylindres (un indice de calculs urinaires)…

Le vétérinaire prendra également la pression artérielle de votre chien. Pour finir, il pourra aussi proposer d’autres examens afin de trouver l’origine du problème : échographie, radiographie, recherche d’une infection (ex : culture urinaire, sérologie de leptospirose), biopsie rénale…

sang
Crédits : raxpixel.com/Freepik

Le traitement de la maladie

En cas d’insuffisance rénale aiguë

La fluidothérapie est un pilier du traitement. Elle permet de soutenir la fonction rénale, de corriger la déshydratation et les troubles sanguins. Si l’animal urine vraiment trop peu (ou pas du tout), on rajoute parfois des médicaments diurétiques (qui augmentent les sécrétions urinaires). Dans les cas les plus extrêmes, une dialyse peut également être envisagée. Pour finir, une alimentation médicalisée adaptée est un bon adjuvant.

En cas d’insuffisance rénale chronique

Le traitement repose en grande partie sur l’alimentation. Elle doit contenir peu de protéines pour diminuer les déchets azotés (comme l’urée) produits lors de leur dégradation. Ce régime doit également avoir des quantités d’ions adaptées aux troubles sanguins du chien (peu de phosphore et de sodium…) et un bon apport d’acides gras oméga-3.

Au besoin, le vétérinaire pourra également donner divers médicaments à votre chien : anti-hypertenseurs (pour diminuer sa pression artérielle), anti-protéinuriques (pour lutter contre la perte de protéines dans les urines), vitamine D ou chélateurs de phosphore (pour diminuer son taux sanguin et lutter contre l’hyperparathyroïdie IIaire), complémentation en fluides (injection sous-cutanée en cas de déshydratation, fluidothérapie en cas de décompensation)…

La maladie rénale chronique ne peut pas être guérie, les dégâts rénaux sont irréversibles. Toutefois, une bonne prise en charge permet d‘allonger l’espérance de vie et le confort du chien. Mais il nécessitera un suivi vétérinaire régulier tout au long de sa vie afin de surveiller l’évolution de la maladie.

Le traitement symptomatique

Dans les deux cas, on mettra en place un traitement pour alléger les symptômes de l’animal. Selon son état, il pourra comprendre : des anti-vomitifs, des anti-diarrhéiques, des anti-acides (pour lutter contre les ulcères de l’estomac), une transfusion sanguine ou une administration d’hormone EPO (pour lutter contre l’anémie)…

Le traitement causal

Il faudra également s’occuper de la cause de l’insuffisance rénale : retirer le calcul urinaire, donner des antibiotiques en cas d’infection bactérienne, stopper le médicament ou le toxique à l’origine du problème… Chaque cause a un traitement spécifique.

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