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L’anémie chez le chien : causes, symptômes et traitement

Crédits : SciTechTrend / Flickr

Les globules rouges, aussi appelés « hématies », sont des cellules sanguines essentielles. Quand ils viennent à manquer, on parle d’anémie. On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur ce trouble.

La composition du sang

Le sang représente 8% du poids corporel total d’un chien. Il est composé de plusieurs éléments :

  • Les globules rouges. Ces cellules transportent l’oxygène des poumons aux organes (pour qu’ils puissent fonctionner) et le CO2 des organes aux poumons (où ce déchet sera expulsé).

  • Les globules blancs. Ce sont les cellules du système immunitaire. Elles défendent l’organisme contre les infections.

  • Les plaquettes. Elles ont un rôle dans la coagulation et permettent de stopper les saignements.

  • Le plasma. Il comprend tous les autres éléments non cellulaires : eau, protéines, minéraux…

Sang
Crédits : Brgfx / Freepik

L’anémie qu’est-ce que c’est ?

L’anémie se définit comme une diminution du nombre de globules rouges, de la concentration sanguine d’hémoglobine (la substance à l’intérieur les globules rouges), ou de l’hématocrite (le pourcentage du volume sanguin occupé par les globules rouges).

Les causes d’anémie chez le chien

1. Une perte de sang (anémie hémorragique)

Il peut s’agir  :

  • D’une perte aiguë, rapide et massive : traumatisme, problème de coagulation (ex : intoxication à la mort-aux-rats, CIVD)…

  • De pertes chroniques, discrètes, en petites quantités sur le long terme : problème digestif (ex : ulcère, parasite, tumeur), trouble urinaire (ex : cystite, calcul), parasite externe (ex : puces), problème génital (ex : tumeur)…

2. Une destruction des globules rouges (anémie hémolytique)

Les globules rouges peuvent être endommagés par :

  • Un microbe : parasite (ex : Babésia), bactérie (ex : les toxines de Leptospira).

  • Le système immunitaire du chien : on appelle cela des « anémies hémolytique à médiation immune » (AHMI).

  • La paroi des vaisseaux sanguins rétrécis à cause d’une tumeur (ex : hémangiosarcome), d’un caillot (ex : troubles de la coagulation comme la CIVD), d’une inflammation et d’une lésion infectieuse… Cela s’appelle une « anémie hémolytique microangiopathique ».

  • Des agents oxydants : ognion, ail, zinc, médicaments (ex : paracétamol, benzocaïne), maladies (ex : diabète, lymphome)… Ils peuvent engendrer ce qu’on appelle une « anémie à corps de Heinz » ou de la « methémoglobine ».

  • Autres causes très rares : déficience héréditaire en enzymes de la glycolyse, hyperfonctionnement de la rate (hypersplénisme)…

3. Une production de globules rouges insuffisante (anémie hypoproliférative)

Il y a plusieurs causes possibles :

  • Un problème de moelle osseuse qui n’arrive plus à fabriquer les hématies correctement (hypoplasie ou aplasie médullaire, myélophtisie, myélodysplasie) à cause d’une infection (ex : parvovirose, leishmaniose, ehrlichiose), d’une tumeur (ex : leucémie, myélome, métastases), d’un médicament (ex : chimiothérapie, œstrogènes, PBZ, TMP-SMX), d’une maladie auto-immune, d’un toxique, d’une irradiation…

  • Une inflammation chronique quelconque: infection, maladie immunitaire, tumeur…

  • Une carence en éléments nécessaires à la fabrication des globules rouges (ex : fer, cobalt, vitamines B9 ou B12). Les causes sont diverses : maladie digestive (mauvaise absorption des aliments), diète inadaptée, gestation (cela augmente les besoins)…

  • Une diminution de l’EPO, une hormone chargée de stimuler la synthèse de globules rouges. Cela peut arriver en cas d’insuffisance rénale chronique ou lors de certaines maladies hormonales (ex : hypothyroidie, maladie d’Addison).

Chien malade ou qui dort
Crédits : LUM3N / Pixabay

Anémie régénérative VS non-régénérative

Les globules rouges sont fabriqués au centre des os, dans la moelle osseuse. Si elle fonctionne bien, on parle « d’anémie régénérative ». Les hématies sont en faible nombre, toutefois les os en produisent massivement pour tenter de compenser. Cela arrive surtout en cas d’anémie hémolytique et hémorragique aiguë.

À contrario, quand la moelle osseuse n’arrive pas à produire les globules rouges correctement, on parle « d’anémie non-régénérative ». Cela arrive surtout en cas d’anémie hypoproliférative et hémorragique chronique (à force de perdre du sang, le chien finit par manquer de fer, or ce dernier est nécessaire à la synthèse des globules rouges).

Les symptômes de l’anémie

  • Muqueuses pâles.

  • Fatigue, faiblesse, intolérance à l’exercice…

  • Perte d’appétit.

  • Sensibilité au froid augmentée.

  • Il y a parfois un souffle cardiaque ou des syncopes (de brèves pertes de connaissances).

  • Augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire (le corps essaie de compenser).

  • En cas d’anémie hémolytique, les globules rouges sont détruits et leurs débris se retrouvent dans le sang, puis les urines, ce qui peut provoquer de l’ictère (jaunissement des muqueuses) et des urines de couleur orangé, rouge à noire (bilirubinémie / urie, hémoglinémie / urie).

  • Des signes liés à la maladie ayant causé l’anémie peuvent aussi apparaître : fièvre, méléna (du sang dans les excréments)… Ils varient selon l’origine du trouble.

Comment le diagnostic est-il posé ?

1. Déterminer si le chien a bien de l’anémie et la caractériser

Tout d’abord, le vétérinaire examinera votre chien. S’il suspecte une anémie, il suffit de faire une prise de sang pour la confirmer. Plus précisément, l’analyse s’appelle un hémogramme, NFS (numération formule sanguine), ou hémato. Elle donne de nombreuses informations sur les globules rouges (nombre, taille, teneur en hémoglobine…). Elle informe aussi sur les globules blancs et sur les plaquettes. Une alternative est d’effectuer un microhématocrite, une autre analyse sanguine.

Le vétérinaire recherchera également si l’anémie est régénérative ou pas. Il le saura grâce à la mesure du nombre de réticulocytes dans le sang (des bébés globules rouges), à l’hémogramme et au frottis sanguin (l’observation d’une goutte de sang au microscope). Ce dernier donne également d’autres indications (présence de cellules anormales, de parasites…).

2. Trouver la cause de l’anémie

Pour ce faire, d’autres tests pourront être recommandés : analyses sanguines supplémentaires (bilirubine, recherche de microbes, protéines sériques, fonction rénale et hépatique, hormones…), test d’auto-agglutination ou de Coomb’s (afin de rechercher une anémie hémolytique à médiation immune),  ponction de moelle osseuse, recherche de parasites ou de sang occulte dans les selles, analyse urinaire, bilan de coagulationimagerie médicale…

prise de sang chien
Crédits : Yacobchuk / iStock

Le traitement de l’anémie chez le chien

Les transfusions et la fluidothérapie

Les transfusions sont utilisées en cas d’anémie sévère. Cela consiste à perfuser du sang total (frais ou conservé), un concentré de globules rouges, ou bien de l’oxyglobin (de l’hémoglobine bovine).

Une fluidothérapie peut être proposée si le volume sanguin de votre chien est trop bas (hypovolémie). Cela permet de rétablir le volume circulant. Cette fois-ci, on perfuse des fluides qui contiennent de l’eau et diverses molécules, mais qui ne contiennent pas de globules rouges ou d’hémoglobine.

Le traitement causal

Il faut également s’occuper de ce qui a provoqué cette anémie. Chaque cause a son traitement : médicaments immunosuppresseurs en cas d’anémie hémolytique à médiation immune (ex : corticoïdes), anti-acides et pansements gastriques en cas d’ulcère de l’estomac, antibiotiques ou antiparasitaires en cas d’infection bactérienne ou parasitaire, meilleure nutrition en cas d’anémie par carence alimentaire, supplémentation en fer en cas de manque, vitamine K en cas d’intoxication à la mort-aux-rats, traitement anti-cancéreux en cas de tumeur…

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