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Mon chien se gratte : pourquoi et que faire ?

Crédits : Kelsey MacDonald/Flick
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« Prurit », c’est le nom scientifique donné aux démangeaisons. Lorsqu’un chien se gratte excessivement, cela devient pathologique. Les causes sont très nombreuses et très variées. Il en va donc de même pour les traitements. On survole ensemble tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.

Les causes de démangeaisons chez le chien

Un parasite

– Les puces. C’est la cause la plus fréquente. Les adultes se situent sur le chien, toutefois ils pondent des œufs qui tombent dans l’environnement. Ces petits insectes peuvent aussi infester les chats vivant sous le même toit. Ce pourquoi il est très important de traiter également les autres animaux et l’environnement. L’intensité des symptômes est très variable. Elle peut aller de démangeaisons modérées sans aucune lésion (surtout en début d’évolution) jusqu’à un prurit intense et une réaction cutanée spectaculaire en cas d’allergie aux piqûres de puces (cf. DAPP).

– Les poux. Ce sont de petits insectes très spécifiques du chien. Ils touchent surtout la ligne du dos, l’encolure et les oreilles. La transmission se fait par contact direct entre deux chiens (pas besoin de traiter le milieu et les chats).

– Les aoûtats. Ce sont des acariens avec une activité très saisonnière : ils sont beaucoup plus nombreux en été et en automne. Les chats peuvent aussi être infestés. Ces parasites engendrent des démangeaisons très intenses qui peuvent léser la peau. Leurs zones de prédilection sont les oreilles, les pattes et le périnée.

– La gale. C’est aussi un acarien. La variété qui atteint le chien (S. scabiei var. canis) est très spécifique du chien (une infection de l’homme est tout de même possible mais elle est légère et se résout rapidement d’elle-même). Le parasite creuse des petites galeries dans la peau du chien et y dépose ses œufs. L’animal développera alors des boutons de gale (des papules surmontées d’une croûte) et des démangeaisons violentes engendrant des pertes de poils. Les zones de prédilection sont la tête (surtout les oreilles) et les parties basses du corps (ventre, coudes…)

– Cheyletiella. C’est un acarien très contagieux. La variété qui atteint le chien (C. yasguri) est aussi très spécifique du chien (une infection humaine est plus rare, légère et auto-limitante). Le chien développe de très grosses pellicules au niveau du dos (squames).

– Otodectes cynotis. C’est un acarien qui s’attaque surtout aux oreilles du chien et cause des otites. Il peut également infester les chats.

cycle de la puce
Crédits : brgfx/Freepik

Un champignon

– Malassezia. C’est un champignon naturellement présent sur la peau. Normalement, il ne cause pas de problème. Toutefois, si la peau est affaiblie (allergies, prise de médicaments corticoïdes…), il peut proliférer excessivement et devenir pathologique. Cela se produit surtout au niveau des oreilles et des plis (bouche, aine…).

– La teigne. C’est une zoonose, c’est a dire qu’elle peut se transmettre du chien à l’homme. De nombreuses autres espèces sont aussi affectées (chats, rongeurs…). De plus, le champignon survit longtemps dans l’environnement. L’infection cause des alopécies (pertes de poils) souvent circulaires. Dans la plupart des cas, les démangeaisons sont plutôt faibles (teigne sèche tondante).

Une infection bactérienne

On appelle ça une « pyodermite ». En général, cette infection est secondaire : elle se développe surtout sur les peaux déjà fragilisées par un autre problème préexistant (allergie, parasite, maladies affaiblissant le système immunitaire, trouble hormonal comme le syndrome de Cushing ou l’hypothyroïdie, diabète…). Des bactéries normalement anodines en profitent alors pour envahir la peau et causer l’infection. Le plus souvent, il s’agit d’un Staphylocoque pseudointermedius. L’animal présente alors des papules, des pustules, des rougeurs, des croûtes, des ulcérations, des pertes de poils…

Une allergie

C’est une réaction inadaptée du système immunitaire de votre chien. Il réagit de manière exagérée et engendre différents symptômes. Il existe 4 causes principales de prurit allergique :

– La dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP). C’est la plus fréquente. Lors d’une piqûre, la salive des puces cause une forte réaction. Le prurit est très intense. Il est surtout localisé au niveau de la partie postérieure du dos. Diverses lésions peuvent apparaître : rougeurs, papules, croûtes, pertes de poils, épaississement de la peau…

– La dermatite atopique. En général, le chien inhale différentes substances allergisantes (pollens, moisissures, acariens de poussière de maison…). L’inflammation touche surtout la tête (oreilles, lèvres, paupières…), l’extrémité des membres, ainsi que la région péri-anale et inguinale (l’aine).

– L’allergie alimentaire. Le chien ingère une substance qui va enclencher une allergie. Tout aliment peut en être responsable. Et il peut aussi y avoir des troubles digestifs en plus des problèmes cutanés.

La dermite de contact allergique. Le chien touche une substance à laquelle il est allergique (métaux, plastique, caoutchouc…). Les lésions seront localisées au niveau de la zone de contact.

chien champs
Crédits : Anna Rasmussen/Unsplash

Une irritation cutanée

Il peut également s’agir d’une irritation de la peau causée par divers agents : produits ménagers,  shampoing trop abrasif, plantes (ex : orties lors d’une promenade), recouvrement de sol… On appelle ça une dermite de contact irritative.

Un troubles comportemental

Des problèmes psychologiques (ex : stress) peuvent également pousser le chien à se gratter de manière excessive. On parle alors de « prurit psychogène ». C’est l’une des causes de démangeaisons sans lésions cutanées. Toutefois lorsque cela devient chronique ou vraiment violent, ça peut finir par causer des lésions mécaniques.

Autres causes

Il y a également des causes plus rares : un cancer (mastocytome, lymphome), un trouble neurologique (maladie de Chiari), une maladie auto-immune (pemphigus foliacé)…

Que faire si votre chien se gratte ?

En premier lieu vous pouvez essayer de faire un traitement antiparasitaire comme le Fipronil  par exemple (Frontline, Fiprokil…). Attention, dans certaines de ces maladies (comme en cas d’infestation par des puces), il est essentiel de traiter non seulement le chien qui se gratte, mais également les autres animaux qui sont en contact avec lui, ainsi que son environnement. Si le problème persiste malgré tout cela, il faudra faire un bilan plus approfondi chez le vétérinaire afin de trouver la cause du problème.

chien qui se gratte
Crédits: Donnie Ray Jones/Flickr

Comment se passe le diagnostic ?

Votre vétérinaire pourra faire différents examens selon ses suspicions :

– Examen général et dermatologique. Il recherchera des parasites à l’œil nu ou à la loupe, il étudiera le type de lésions, la localisation des démangeaisons ou des lésions…

Brossage, raclage et scotch test. Il s’agit de récupérer un échantillon soit en brossant les poils avec un peigne, soit en pressant une bande adhésive sur la zone, soit en grattant la peau avec une lame de bistouri. Le prélèvement est ensuite analysé au microscope. On peut y détecter des parasites.

Calque. Cela consiste à appuyer une petite lame en verre sur la peau. On étudie ensuite le prélèvement au microscope. Ça permet de rechercher des bactéries, des champignons ou des cellules tumorales.

Trichogramme. On arrache une petite touffe de poils et on l’observe au microscope. Il est possible d’y trouver certains champignons (teigne) ou œufs de parasite collés au poils (Cheyletiella, poux).

Examen à la lampe de Wood. Le vétérinaire éteint la lumière et pointe une lampe spéciale sur votre chien. Si certaines zones cutanées deviennent fluorescentes (jaune-vert), c’est qu’il a la teigne.

Culture. Différents échantillons sont envoyés à un laboratoire afin qu’il les cultive et qu’il identifie une bactérie ou un champignon.

Tests allergologiques. Une dermatite allergique peut être mise en évidence avec un test sanguin ou une IDR (on injecte de petites quantités d’allergène dans la peau du chien et on regarde si ça provoque une allergie). En dernier lieu, il est aussi possible de rechercher une allergie alimentaire avec un régime d’éviction (on donne une alimentation hypoallergéniques pendant 6 semaines et on regarde si le chien s’améliore).

Biopsie. Un petit morceau de peau est coupé sous anesthésie locale. Puis, il est envoyé à un laboratoire pour être analysé. Cela permet de rechercher un cancer ou une maladie auto-immune.

Examen neurologique (pour éliminer cette cause).

vétérinaire
Créfits : Freepik

Le traitement des démangeaisons du chien

Il passe par le traitement de leur cause. On utilisera des antiparasitaires contre les parasites, des antibiotiques contre les bactéries et des antifongiques contre les champignons. On traitera également toute cause sous-jacente s’il s’agit d’une infection secondaire.

Pour les allergies il faudra éviter l’allergène en cause (traiter les puces en cas de DAPP, donner une alimentation hypoallergénique en cas d’allergie alimentaire…). On peut également calmer les démangeaisons avec des médicaments lors des crises (corticoïdes, voire anti-histaminiques…) ou avec des soins cutanés sur le long terme (pommades, lotions, shampoings doux…). Enfin, une désensibilisation est parfois proposée en cas de dermatite atopique.

S’il s’agit de troubles psychogènes, on conseillera  de consulter un comportementaliste canin. Pour les maladies auto-immunes on utilisera des médicaments immunomodulateurs (ex : corticoïdes) et pour les tumeurs des traitement anti-cancéreux (ex : chimiothérapie)

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