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Les vaccins sont-ils dangereux ?

Crédits : Drobotdean/Freepik

Dans un article précédent, nous avons décrit les 7 principales raisons de faire vacciner son chien. Certes, cela apporte énormément, mais y a-t-il aussi des inconvénients ? Les vaccins sont-ils dangereux ? La science a tranché, on vous explique ses conclusions.

Les vaccins peuvent-ils causer la maladie ?

Pour savoir si les vaccins sont dangereux, il faut se concentrer sur leur composition. Que contiennent-ils ? Il existe différents types de produits. Les principaux sont les vaccins sous-unitaires, inactivés et atténués.

Les vaccins sous-unitaires

Ils ne contiennent que des fragments du microbe (ex : des éléments présents à sa surface). Parfois ils ne proviennent même pas du microbe, mais sont des copies synthétiques faites en laboratoire. Le système immunitaire du chien pourra donc reconnaître ces fragments si une véritable infection devait avoir lieu dans le futur.

Toutefois, le vaccin ne peut pas causer la maladie car il ne contient pas le microbe complet et tout le matériel qui lui est nécessaire pour se reproduire et infecter l’hôte. Il ne contient que « l’empreinte digitale » du microbe, et pas tout son « corps » .

Les vaccins inactivés

Ce type de vaccin contient l’entièreté du microbe (ou d’une toxine qu’il sécrète), toutefois il a été préalablement tué (par la chaleur ou par des produits chimiques). Ce n’est qu’un « cadavre ». Il ne peut donc pas infecter le chien.

Les vaccins atténués

Ce sont les plus efficaces. Ils contiennent l’entièreté du microbe, vivant, toutefois il a été préalablement affaibli. Il est devenu incapable de produire une maladie chez un individu en bonne santé. Il existe différentes méthodes d’atténuation. Une première technique consiste à supprimer ou modifier les gènes de virulence du microbe (ceux responsables d’engendrer la maladie).

Une autre possibilité consiste à cultiver le microbe dans des conditions défavorables afin de le rendre incapable d’agir dans le corps humain. Par exemple, on le mettra dans un environnement très froid : à la longue il va muter et il pourra uniquement se reproduire à basse température (et donc pas dans le corps humain à 37°C). Un autre exemple est de le cultiver dans des cellules de singe : à la longue il va muter et pourra uniquement se reproduire dans un singe (et pas dans un homme).

Autres types de vaccin

Il existe également d’autres types moins fréquents. Dans les vaccins vectoriels, l’ADN du microbe est injecté dans un vecteur qui ne peut pas causer de maladie chez le chien. Par exemple, on injectera de l’ADN du virus de la rage à l’intérieur du virus de la variole du canari. Pour finir, il existe aussi des vaccins à ADN ou à ARN qui contiennent uniquement le patrimoine génétique du virus.

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Crédits : Kjpargeter/Freepik

Leurs excipients sont-ils dangereux ?

Quels sont les autres composants des vaccins ?

Les vaccins contiennent aussi des substances améliorant leur efficacité et leur utilisation : les excipients. On citera :

  • Les adjuvants (ex : sels d’aluminium, émulsion d’eau dans de l’huile…). Ils stimulent la réponse du système immunitaire. Seuls les vaccins sous-unitaires et inactivés en contiennent.

  • Les conservateurs. Ils empêchent le produit d’être contaminé par d’autres microbes.

  • Les émulsifiants et les stabilisateurs (ex : sucres, gélatine…). Ils préservent la structure du vaccin.

  • Des substance tampons (ex : Nacl = du sel de table).

  • Des substances résiduelles (ex : protéine d’œuf, sérum de veau…). Ce sont les restes des produits utilisés lors de la fabrication du vaccin. Ils sont presque totalement retirés du produit final, toutefois il peut rester quelques traces.

La sécurité des excipients

Les analyses scientifiques montrent une très bonne tolérance à tous ces produits dans les doses auxquelles ils sont administrés. Évidemment, aucune substance au monde n’a jamais aucun effet secondaire, toutefois il faut bien comprendre que le risque de développer une maladie grave en ne vaccinant pas est beaucoup plus important que le risque d’engendrer un problème grave en vaccinant.

Les effets secondaires sont rares. De plus, ils sont en général légers et disparaissent tout seuls en quelque heures ou quelques jours (gonflement ou rougeur au niveau du site d’injection, fatigue, malaise, légère fièvre…). Une allergie plus grave est toutefois possible, mais c’est exceptionnellement rare donc le rapport bénéfice/risque reste excellent.

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Crédits : welcomia/Freepik

Attention tout de même à vacciner correctement

Les vaccins sous-unitaires et inactivés n’ont pas le matériel nécessaire pour transmettre la maladie. Toutefois les vaccins vectoriels et atténués par culture sont toujours vivants et possèdent un matériel complet. Ce dernier est peu adapté aux chiens, la maladie ne peut donc pas se transmettre à ceux en bonne santé, toutefois il peut y avoir un risque chez ceux ayant une maladie affaiblissant le système immunitaire. Il vaut donc mieux privilégier les autres types de vaccins chez ces animaux afin d’éviter tout problème.

Il convient également de vacciner un chien uniquement contre les maladies qui représentent un danger pour lui. Pas besoin de pousser à la consommation ! On recommandera donc les vaccins « core » à tous les chiens (maladie de carré, hépatite infectieuse canine et parvovirose), cependant les vaccins « non-core » seront proposés selon les facteurs de risque auxquels chaque animal est exposé (environnement, mode de vie, région…).

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Crédits : SerhiiBobyk/iStock

Les vaccins sont-ils suffisamment testés ?

Avant d’être commercialisés, les nouveaux vaccins subissent de nombreux tests approfondis : essais cliniques, toxicologiques, pharmacologiques, biologiques… Les industriels doivent ensuite regrouper toutes ces études et les présenter à des comités d’experts qui étudieront le dossier et accepteront de délivrer une autorisation de mise sur le marché – ou pas. En France, il s’agit de l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ou du comité des médicaments à usage vétérinaire de l’agence médicale européenne.

Un fois en vente, les vaccins continuent à être contrôlés tout au long de leur vie (pharmacovigilance). On surveille leur sécurité chez les animaux vaccinés, chez les hommes en contact avec ces médicaments, dans les aliments d’origine animale (pour les vaccins destinés aux vaches, cochons…), ainsi que leur effet sur l’environnement. Les règles sont donc strictes. La procédure est longue et très surveillée tout au long du processus.

Conclusion : alors les vaccins sont-ils dangereux ?

En résumé, un vaccin correctement utilisé ne peut pas transmettre la maladie. Quant aux autres effets secondaires, les analyses scientifiques montrent une très bonne tolérance aux produits utilisés dans les vaccins. Le risque de développer une maladie grave en ne vaccinant pas est beaucoup plus important que le risque d’engendrer un problème grave en vaccinant.

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