in

Cardiomyopathie dilatée du chien : la 2ème maladie cardiaque la plus fréquente

Crédits : Kelly Sikkema/Unsplash

La cardiomyopathie dilatée du chien, ou CMD, est la deuxième maladie cardiaque la plus fréquente, après l’endocardiose. Elle touche le myocarde : la partie musculaire du cœur. C’est une maladie très polymorphe avec de nombreuses variations raciales. On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur ce trouble.

La cardiomyopathie dilatée du chien, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une dilatation du cœur avec un amincissement de ses parois. Cela altère sa capacité de contraction. Le cœur n’arrive plus à assurer son rôle correctement. Le chien développe alors une insuffisance cardiaque congestive : le sang est mal pompé, il s’accumule dans les veines et du liquide finit par envahir les tissus ou les cavités environnantes (œdème ou épanchement). Cela se produit surtout au niveau de l’abdomen (ascite), de la plèvre ou des poumons, ce qui engendre des difficultés respiratoires.

Quelles sont les causes possibles ?

Dans la plupart des cas, la maladie est dite « idiopathique » : aucune cause n’a été trouvée. Une origine héréditaire est toutefois suspectée. Les grandes races et les races géantes sont prédisposées à cette maladie. On citera le Doberman, le Boxer, le Cocker Américain, le Scottish Deerhound, le Terre-Neuve, l’Irish Wolfhound, le Dogue Allemand, le Saint-Bernard, le Lévrier Afghan… Ce sont les mâles d’âge moyen (3 à 7 ans) qui sont les plus touchés.

Dans d’autres cas, la cardiomyopathie est secondaire à diverses maladies : une déficience nutritionnelle en taurine (c’est très rare chez le chien sauf chez le Cocker Américain) ou en carnitine, la séquelle d’une ischémie ou d’une infection du cœur (myocardite), une tumeur (lymphome), une maladie hormonale (ex : hypothyroïdie), un trouble immunitaire, l’ingestion de certains toxiques et médicaments (ex : doxorubicine)…

chien coeur
Crédits : iStock

Les symptômes de la cardiomyopathie dilatée du chien

La maladie reste souvent asymptomatique pendant plusieurs années. Puis, divers symptômes apparaissent :

  • Difficultés respiratoires, toux.

  • Perte d’appétit.

  • Abattement.

  • Intolérance à l’effort.

  • Distension abdominale.

  • Distension de la veine jugulaire.

  • Syncopes (brèves pertes de conscience).

  • Mort subite surtout chez le Doberman et le Boxer qui présentent une forme particulière très agressive.

Comment poser le diagnostic ?

Le vétérinaire pourra effectuer divers examens afin d’établir le diagnostic :

  • Une auscultation montrera des anomalies du rythme cardiaque (fibrillation, extrasystoles, tachycardie…), un souffle ou des bruits pulmonaires anormaux.

  • Une échographie évaluera le cœur en mouvement. Elle permet d’objectiver ses problèmes de contraction et son remodelage (dilatation, amincissement des parois…).

  • Un ECG relèvera les anomalies du rythme cardiaque ainsi que les signes d’augmentation du volume du cœur.

  • Une radiographie peut également être proposée. Elle permet d’observer la silhouette cardiaque de taille augmentée ainsi que des accumulations de liquide dans différents organes et/ou cavités (œdème pulmonaire, épanchement pleural, ascite, foie de volume augmenté…).

ECG
ECG. Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay

Le traitement

Quand et pourquoi traiter ?

Qu’il soit symptomatique ou non, il est important de traiter l’animal. La maladie est incurable, toutefois un traitement permet d’éviter les morts subites, de limiter les symptômes, d’apporter un meilleur confort de vie, de ralentir l’évolution de la maladie et d’allonger l’espérance de vie du chien.

Comment traiter ?

Si c’est une situation d’urgence, il faudra hospitaliser l’animal et lui fournir des soins intensifs : oxygénothérapie, réanimation, surveillance… En cas d’accumulation liquide autour des poumons, une ponction peut être nécessaire afin de la retirer.

Le traitement de la maladie repose sur des médicaments permettant d’éviter la mort subite (antiarythmiques), d’améliorer la fonction cardiaque (inotropes positifs comme le pimobendane), et de traiter l’insuffisance cardiaque congestive (diurétiques, IECA…).

Si la cardiomyopathie est secondaire à une autre maladie, il faudra également la traiter (ex : supplémentation en taurine ou en carnitine en cas de déficience).

L’espérance de vie

Le pronostic est assez mauvais. Les animaux meurent en général 6 à 24 mois après l’apparition des premiers signes. Le pronostic est encore plus sombre chez le Doberman et le Boxer qui présentent une forme très brutale.

Vous aimerez aussi :

Insuffisance cardiaque chez le chien : ce qu’il faut savoir

Boxer : l’essentiel à savoir sur ce chien énergique !

Le Dogue Allemand ou Grand Danois : l’essentiel à savoir sur ce géant !