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L’endocardiose chez le chien : la maladie cardiaque n°1

Crédits : K_Thalhofer/iStock

L’endocardiose est la maladie du cœur la plus fréquente chez le chien. Elle représente le trois quart des problèmes cardiaques et 85% des petits chiens de plus de 13 ans ont des lésions d’endocardiose. C’est une maladie sournoise qui évolue souvent à bas bruit sur le long terme. On vous explique l’essentiel à savoir.

L’endocardiose du chien, qu’est-ce que c’est ?

Les cavités du cœur sont séparées par 4 valves : les valves mitrale, tricuspide, aortique et pulmonaire. Elles s’ouvrent et se ferment au cours des battements cardiaques, empêchant ainsi le sang de refluer à contre-courant.

En cas d’endocardiose, l’une de ces valves dégénère progressivement. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de la valve mitrale (entre l’oreillette et le ventricule gauche). Elle se déforme et perd son étanchéité. Une partie du sang est alors régurgité en amont à chaque contraction cardiaque.

Sur le long terme, cela engendre un remodellement du cœur : l’oreillette gauche se dilate à force de recevoir ce reflux de sang, et le cœur s’hypertrophie à force d’essayer de compenser. Une insuffisance cardiaque congestive se met alors en place : le cœur n’est plus capable d’assurer son rôle correctement, le sang est mal pompé, il s’accumule dans les veines et du liquide finit par envahir les cavités ou les tissus environnants (épanchement ou œdème). En cas d’endocardiose mitrale, cela se produit surtout au niveau des poumons, ce qui engendre des difficultés respiratoires.

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Crédits : Burlesonmatthew/Pixabay

Les facteurs de risque

  • La race : les petits chiens sont à risque (Teckel, Bichon, Chihuahua, Yorkshire, Caniche…). Et le Cavalier King Charles a une prédisposition particulière.

  • L’âge : la maladie est fréquente chez les chiens de plus de 6-7 ans.

  • Le sexe : les mâles sont plus touchés que les femelles.

Les symptômes de l’endocardiose chez le chien

Certains animaux sont asymptomatiques. D’autres présentent des signes très discrets : la maladie peut évoluer à bas bruit sur de nombreuses années. Toutefois, il peut aussi y avoir des crises aigües. Parmi les signes les plus courants on retrouve :

  • Des difficultés respiratoires.

  • Une toux.

  • Une intolérance à l’effort. Le chien se fatigue très vite au moindre exercice.

  • Une perte d’appétit et un amaigrissement.

  • Des muqueuses pâles, voire bleutées (cyanosées).

  • Des syncopes (de courtes pertes de connaissance).

Diverses complications peuvent également apparaître : une insuffisance rénale (car les reins sont mal perfusés), la rupture d’un des cordons tendineux soutenant la valve cardiaque (une urgence qui engendre une aggravation soudaine de l’état du chien), la rupture de l’oreillette gauche (rare mais souvent fatale)…

Comment poser le diagnostic ?

Le vétérinaire peut relever différentes anomalies à l’auscultation : un souffle, des troubles du rythme cardiaque, ou des bruits pulmonaires anormaux.

Une échographie est ensuite effectuée. C’est l’examen de choix. Elle permet d’évaluer les structures cardiaques en mouvement. En mode Doppler, on peut également observer le sang régurgité par la valve.

D’autres examens peuvent également être proposés afin d’évaluer le stade de la maladie et ses éventuelles complications. Une radiographie permet d’apprécier la silhouette cardiaque et les problèmes pulmonaires associés (ex : œdème). Un ECG peut être utile afin de rechercher une anomalie du rythme cardiaque.

échographie
Crédit : Herraez/iStock

Le traitement de l’endocardiose chez le chien

Quand et pourquoi traiter ?

Lorsque l’affection est asymptomatique et n’a pas engendré beaucoup d’altérations, il n’est pas toujours recommandé d’instaurer un traitement, le sujet reste assez controversé. Cependant, il est essentiel de suivre la maladie de près avec un contrôle vétérinaire annuel comprenant une auscultation, voire une échographie selon les cas.

La maladie est incurable, toutefois le traitement permet de limiter les symptômes, d’apporter un meilleur confort de vie, de ralentir l’évolution de la maladie, de réduire ses complications et d’allonger l’espérance de vie du chien.

Comment traiter ?

Si c’est une situation d’urgence, il faudra hospitaliser l’animal et lui fournir des soins intensifs : on le mettra sous oxygénothérapie, on effectuera éventuellement une ponction afin de retirer tout liquide accumulé autour de ses poumons, on surveillera sa température, on traitera tout choc cardiogénique (injection de dobutamine)…

Le traitement de la maladie repose sur des médicaments permettant d’améliorer la fonction cardiaque (inotropes positifs comme le pimobendane), de traiter l’insuffisance cardiaque congestive (diurétiques, IECAs…), les arythmies (digoxine, β-bloquants, diltiazem, lidocaïne…), voire la toux (antitussifs).

Dans tous les cas, un traitement hygiénique est également nécessaire. Il faut maintenir un poids correct (pas d’obésité et pas de maigreur), éviter le stress, les excitations et les efforts physiques trop intenses. On recommande une alimentation pauvre en sel mais avec un bon apport protéique et calorique. Une supplémentation en potassium est parfois utile car certains médicaments diurétiques diminuent son taux sanguin.

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