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La dysplasie de la hanche du chien : causes, diagnostic et traitement

Crédits : pohjakroon/Pixabay

La dysplasie de la hanche du chien est un trouble ostéo-articulaire très fréquent chez les grandes races. Elle évolue souvent en arthrose et peut devenir très invalidante. Cependant, il existe de nombreux traitements pour soulager les animaux atteints. On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette maladie.

Qu’est-ce qu’une dysplasie de la hanche ?

C’est une malformation progressive de l’articulation de la hanche. Un ligament maintient la tête du fémur dans la cavité cotyloïde du bassin. Lorsqu’il est trop lâche, comme en cas de dysplasie, la tête du fémur peut s’éloigner de la cavité cotyloïde (luxation ou subluxation) entraînant une inflammation locale. Sur le long terme, on observe une déformation des surfaces articulaires et de l’arthrose.

hanche chien
Crédits : Todorean Gabriel/iStock

Les facteurs de risque

  • Des parents atteints : il y a un facteur héréditaire. Toutefois, le chien ne naît pas avec une dysplasie, la maladie se développe au cours de sa vie.

  • Un surpoids.

  • De l’exercice exagéré.

  • Une alimentation excessive et trop riche en énergie.

  • Une croissance rapide.

  • Des traumatismes.

  • La race : les chiens de grande taille sont les plus touchés (Dogue Allemand, Golden retriever, Labrador, Saint-Bernard, Rottweiler, Terre-Neuve, Beauceron…). Le Berger Allemand a une ligne du dos très plongeante qui modifie la démarche et donc les contraintes articulaires, favorisant ainsi le développement d’une dysplasie.

  • L’âge : les animaux en pleine croissance (6 à 18 mois) et les animaux âgés présentent des signes plus marqués.

Les symptômes de la dysplasie de la hanche chez le chien

Dans certains cas, l’affection est asymptomatique. Si la musculature est bien développée, elle peut compenser pendant longtemps. Dans d’autres cas, différents signes peuvent apparaître tels que de la douleur ou une boiterie des membres postérieurs à froid. On observe une raideur et une démarche chaloupée. Le chien peut avoir du mal à sauter ou à monter les escaliers. La dysplasie touche souvent les deux membres.

Comment établir le diagnostic ?

Le vétérinaire commencera par étudier l’historique et les symptômes de l’animal. Il pourra également effectuer un examen orthopédique et un test de Barden ou d’Ortolani : cela consiste à évaluer la laxité de l’articulation en tentant de pousser la tête du fémur hors de sa cavité cotyloïde (subluxation).

Pour finir, il faudra effectuer une radiographie pour poser le diagnostic définitif. Elle permet d’objectiver les déformations osseuses et de classer la dysplasie selon son niveau de gravité (il existe 5 grades allant de A à E). Cet examen se fait à partir de 1 an d’âge (1 an et demi chez les races géantes).

hanche chien
Crédits : Rarinlee/iStock

Le traitement de la dysplasie de la hanche chez le chien

Le vétérinaire pourra proposer différents traitements en fonction de l’âge du chien, de la sévérité des symptômes, de l’ampleur des dégradations ostéo-articulaires et des possibilités financières des propriétaires.

Le traitement médical

Dans certains cas, l’animal arrive à compenser plus ou moins et on se tourne vers un traitement médical à base d’anti-inflammatoires (pour traiter la douleur) et de chondroprotecteurs (pour protéger le cartilage). Une physiothérapie peut être un plus. Les facteurs de risque doivent également être pris en charge dans la mesure du possible : on contrôlera le poids et l’alimentation de l’animal et on évitera l’exercice trop intense (cependant il faut tout de même maintenir un exercice modéré).

Les traitements chirurgicaux

Lorsque les troubles sont plus problématiques, on peut se tourner vers une chirurgie. Il en existe plusieurs.

La symphysiodèse pubienne concerne surtout les chiots de moins de 20 semaines. C’est une opération peu invasive qui consiste à bloquer la croissance d’une partie du bassin. Le reste du bassin continue de grandir normalement, ce qui engendre une rotation des os et un meilleur recouvrement de la tête fémorale.

La double ou triple ostéotomie du bassin peut être proposée aux chiens de moins d’un an qui n’ont pas encore développé d’arthrose. Elle consiste à couper l’os du bassin à 2 ou 3 endroits différents et à faire pivoter le segment afin d’améliorer la couverture de la tête fémorale. On stabilise le tout avec des plaques vissées.

Excision de la tête et du col du fémur. On la pratique surtout chez les chiens légers (moins de 20 kg) et jeunes (moins d’un an) dont l’articulation est très endommagée. Par la suite, les muscles locaux maintiendront le membre en en place.

Une prothèse de la hanche peut également être proposée chez les chiens adultes. On remplace la tête fémorale et la cavité cotyloïde du bassin par des implants. En général, c’est assez efficace pour soulager la douleur, le taux de succès est très bon, cependant l’opération est plutôt coûteuse et il faut faire attention aux complications post-opératoires.

Il existe aussi des chirurgies palliatives permettant de diminuer la douleur mais n’améliorant pas la mécanique articulaire. La myectomie du pectiné en est une. Le pectiné est un muscle qui a tendance à tirer la tête du fémur hors de la cavité cotyloïde. De plus, en cas de dysplasie, sa tension constante entraîne de la douleur. Il peut donc être utile de le couper. Cependant le bénéfice est souvent de courte durée car des cordon fibreux peuvent apparaître et le remplacer. On citera également la dénervation de la hanche, une opération qui consiste à retirer une bonne partie des nerfs sensitifs locaux.

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Crédits : Artur Tumasjan/Unsplash

Les méthodes de prévention

Le dépistage officiel est recommandé chez les reproducteurs de races à risque. Il permet de détecter les animaux atteints et de les écarter de la reproduction afin d’éviter qu’ils ne transmettent la maladie à une nouvelle génération. Sur le long terme, on espère ainsi diminuer, voire éradiquer la dysplasie de la hanche.

La prévention repose également sur la maîtrise des autres facteurs de risque. Il convient donc de limiter les excès de poids, la surnutrition, les traumatismes et d’éviter l’exercice trop intense (mais un exercice modéré et régulier reste recommandé).

Aspect légal : la dysplasie de la hanche est un vice rédhibitoire

Si vous achetez un animal qui présente un vice rédhibitoire, vous avez le droit de porter plainte contre le vendeur qui devra alors vous rembourser l’animal contre restitution de celui-ci. C’est assez rare car beaucoup de propriétaires se sont attachés à leur chien et n’ont pas envie de le rendre. Toutefois, certains l’ont acheté pour qu’il effectue une tâche particulière qui peut être mise en péril en cas de dysplasie (ex : chien militaire, guide d’aveugle ou reproducteur en élevage).

Cependant, la loi stipule que vous avez 1 mois pour porter plainte à compter de la réception de l’animal. Or, beaucoup de chiens sont achetés à 2 mois alors que le diagnostic de dysplasie ne peux pas se faire avant 1 an. Une clause a donc été rajoutée, expliquant que pour le cas particulier de la dysplasie, les radiographies de dépistage faites à l’âge de 1 an doivent être prises en compte. Toutefois, le décret d’application n’en a pas tenu compte, il est en contradiction avec la loi. En résumé : c’est assez vaseux en pratique. Certains jugements ont accepté les radios jusqu’à l’âge de 1 an, d’autres les ont refusées.

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