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Les maladies de la prostate chez le chien

Crédits : Vadzim Kushniarou / iStock
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La prostate est une glande accessoire du système génital des chiens mâles. Elle a un rôle dans la reproduction car elle produit une partie du liquide séminal. Cet organe est sujet à de nombreuses pathologies. Presque la totalité des chiens entiers de 9 ans et plus ont une maladie de la prostate. On vous débriefe sur les principales.

Les maladies de la prostate

L’hyperplasie bénigne de la prostate ou HBP

C’est le problème le plus fréquent. Il s’agit d’une augmentation du volume de la prostate due à une augmentation du nombre et de la taille des cellules prostatiques. Ce trouble est hormono-dépendant : il est lié à un déséquilibre entre le taux d’oestrogènes et d’androgènes (des hormones sexuelles). La dihydrotestostérone a un rôle clé dans la genèse de cette maladie.

Le chien est très souvent asymptomatique. Cependant, la prostate élargie peut parfois compresser les organes environnants et causer quelques signes cliniques :
– Problèmes urinaires : sang dans les urines (hématurie), écoulements de sang en dehors des mictions, l’animal urine de faibles quantités un peu tout le temps (pollakiurie)…
– Problèmes digestifs : douleurs, envie constante et irrépressible d’aller à la selle (ténesme), constipation, selles plates…
– Complications possibles : prostatite, kystes, troubles reproducteurs, obstruction urinaire ou digestive, hernie périnéale (un déplacement d’organes dans la région proche de l’anus)…

maladie de la prostate du chien
Crédits : Decade3d / iStock

Prostatite et abcès

La prostatite est une inflammation de la prostate. Elle est souvent causée par une infection bactérienne ascendante (la bactérie provient de l’urètre et remonte jusqu’à la prostate). E. Coli est l’agent pathogène le plus rencontré. Il est fréquent que cela soit une complication d’autres maladies prostatiques ou urinaires. Des abcès apparaissent parfois dans les cas les plus sévères.

Lors d’une prostatite aigüe ou d’abcès, on peut observer différents symptômes :
– Signes généraux : fièvre, abattement, perte de poids…
– Signes urinaires : sang dans les urines (hématurie), écoulements de sang ou de pus en dehors des mictions, infections urinaires, gonflement du prépuce et du scrotum…
– Troubles digestifs : constipation, ténesme…
– Douleurs à l’arrière de l’abdomen.
– Signes locomoteurs : démarche raide et précautionneuse, dos voûté…
– Problèmes de fertilité.
– Si un abcès se rompt : péritonite (une inflammation de la membrane qui tapisse la cavité abdominale), septicémie (une infection généralisée) et état de choc.

La maladie peut également évoluer de manière chronique, sur le long cours, soit de manière asymptomatique, soit avec des signes frustres sans atteinte de l’état général.

Les kystes prostatiques

Ce sont des poches contenant un liquide non purulent. Les kystes découlent parfois d’une prostatite chronique, d’une hyperplasie, d’une métaplasie ou d’une tumeur prostatique. Mais dans de nombreux cas leur origine est inconnue. Ils sont souvent asymptomatiques. Toutefois, s’ils s’infectent, on observe les symptômes d’abcès prostatique. De plus, s’ils sont de grosse taille, ils peuvent finir par compresser les organes adjacents et on observe alors les symptômes d’hyperplasie de la prostate clinique.

Les tumeurs de la prostate

Ce problème est bien plus rare. Il s’agit d’une multiplication cellulaire incontrôlée et anarchique. L’âge moyen des animaux atteints est de 9-10 ans. Le type de tumeur le plus courant est l’adénocarcinome. C’est une tumeur maligne (cancer) qui peut engendrer des métastases ailleurs dans le corps (ex : os, poumons). De plus, elle est très invasive localement et elle infiltre les organes adjacents (ex : urètre, col de la vessie, colon).

Les symptômes comprennent : une altération de l’état général (ex : amaigrissement, perte d’appétit), des troubles urinaires (ex : sang, douleurs et difficultés à uriner) et des problèmes digestifs (ex : constipation, ténesme). Selon la localisation des métastases, d’autres signes peuvent aussi apparaître : problèmes locomoteurs (ex : boiteries, douleurs lombaires, faiblesse des membres), respiratoires…

La métaplasie squameuse de la prostate

En cas de métaplasie, certaines cellules prostatiques se transforment en cellules anormales (squameuses). Ce trouble est dû à un taux d’œstrogènes trop élevé, lui-même souvent causé par une tumeur en sécrétant (ex : au niveau testiculaire) ou par la prise de médicaments en contenant. La métaplasie squameuse favorise le développement de kystes ou de prostatite. Si le taux d’oestrogènes est vraiment trop important, il peut aussi engendrer un syndrome de féminisation : développement des glandes mammaires (gynécomastie), pertes de poils, altération du comportement (ex : attraction des mâles)…

maladie de la prostate du chien
Crédits : Rawf8 / iStock

Comment le diagnostic est-il posé ?

S’il suspecte un problème de prostate, le vétérinaire pourra effectuer quelques examens :

  • Un examen clinique avec toucher rectal pour palper la prostate et évaluer sa taille, sa forme, sa consistance, la présence de douleurs…

  • Une échographie. C’est l’examen de choix. Il permet de mieux différencier les affections prostatiques.

  • Une radiographie. Elle donne des informations sur la prostate mais également sur les éventuelles métastases en cas de cancer.

  • Une analyse urinaire. Elle peut mettre en évidence du sang, du pus, des bactéries…

  • Un prélèvement prostatique. Il s’agit d’analyser le liquide prostatique ou une biopsie de la prostate. Cette dernière est effectuée sous guidage échographique ou bien lors d’une chirurgie.

  • Une prise de sang donne parfois quelques indications (augmentation des globules blancs en cas d’infection, fonction rénale altérée…)

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Échographie. Crédit : Herraez/iStock

Le traitement des maladies de la prostate

Le traitement commun 

Chaque maladie a des particularités thérapeutiques, toutefois elles ont toutes un point commun : l’augmentation de la taille de la prostate qui est traitée à l’aide d’une castration chirurgicale. C’est le traitement de choix. Cependant, si la chirurgie n’est pas possible, ou pas souhaitée par les maîtres, un traitement médical peut aussi être proposé. Il se compose de médicaments réduisant les hormones androgènes. Mais ils sont coûteux et ont beaucoup d’effets secondaires.

Tout autre facteur prédisposant à la maladie doit aussi être traité (ex : problèmes urinaires). De plus, des médicaments antalgiques peuvent également être donnés s’il y a des douleurs.

Les traitements spécifiques

En cas d’hyperplasie bénigne de la prostate, le « traitement commun » est l’unique traitement. Toutefois, il n’est nécessaire que si la maladie engendre des symptômes.

Si le chien a un kyste de grande taille, il arrive qu’une chirurgie soit requise afin de le drainer. Il existe différentes techniques (omentalisation, voire marsupialisation, drains de Penrose…). Lorsqu’une chirurgie est impossible, un drainage percutané sous contrôle échographique est parfois proposé.

Pour traiter une prostatite ou un abcès, on mettra en place un long traitement antibiotique (pour lutter contre l’infection), ainsi qu’un traitement de soutien selon l’état de l’animal (ex : fluidothérapie). En cas d’abcès, on doit souvent rajouter une chirurgie pour le drainer (la même que pour les kystes).

Le traitement des tumeurs prostatiques se fait surtout à l’aide d’une chirurgie (prostatectomie partielle ou totale : retirer une partie ou l’entièreté de la prostate), d’une chimiothérapie, voire d’une radiothérapie. La chirurgie peut avoir beaucoup de complications. La castration ne fait pas partie du traitement principal, mais elle peut parfois aider à diminuer un peu certains symptômes.

Pour finir, si l’animal a une métaplasie squameuse, il faut stopper sa cause (ex : arrêt du médicament à base d’oestrogènes ou traitement de la tumeur testiculaire par castration).

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