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Il y a un impôt sur les chiens dans de nombreux pays

Crédits : OTA Photos/Flickr

Le 9 février prochain, les suisses de Genève voterons pour ou contre l’abolition de leur taxe sur les chiens. C’est un impôt bien étrange et quelque peu discriminatoire qui existe dans de nombreux pays. Heureusement, il n’y en a pas en France. Pour l’instant… Focus sur cette taxation insolite.

L’impôt sur les chiens

Dans certaines communes suisses, allemandes, belges, hollandaises, irlandaises et néo-zélandaises, dès que son chien atteint un certain âge, il faut le déclarer. Cette démarche s’accompagne d’une petite surprise : une taxe sur le chien ! Les frais d’alimentation, d’entretien et de vétérinaire ne sont pas suffisamment élevés, l’état veut aussi sa part du gâteau. Il est donc temps d’ouvrir son portefeuille.

chien impôt
Crédits : Rawpixel/iStock

Des tarifs parfois piquants

Le prix varie grandement en fonction du pays, de la commune, du nombre de chiens, de leur race, leur taille ou leur poids. Il va de quelques dizaines d’euros à 100, voire 200 euros par an pour un seul chien. Si vous en possédez trois, la facture peut vite monter jusqu’à 600 euros chaque année.

Certains chiens « méritants » ont parfois le droit à une exonération : ce sont les chiens qui ont un boulot : chiens d’assistance, de sauvetage, de garde forestier, de ferme…. Quant aux autres jugés « sans utilité », leurs maîtres doivent s’acquitter de la taxe complète s’ils ne veulent pas voir débarquer le fisc. Et attention, le trésor public ne plaisante pas : l’année dernière, l’état allemand a confisqué le chien d’une famille et l’a vendu afin de couvrir leur taxe canine impayée.

Un impôt discriminatoire

Dans ces pays, les chiens ne sont pas les bienvenus. Mieux vaut adopter un chat, un furet, un lapin ou n’importe quel autre animal car le chien est LE SEUL et unique animal de compagnie à être taxé. Quand on sait que les chiens ne posent pas plus de désagréments que les chats, on peut se rendre compte du caractère discriminatoire de cette taxation.

La France y est passée

Au XXème siècle, la taxe sur le chien était très fréquente. De nombreux pays européens l’avaient adoptée : France, Angleterre… Toutefois, la plupart l’ont abolie à partir des années 70. Le but premier était de réduire l’incidence de la rage en décourageant la possession de chien. Toutefois, de nos jours, la majorité des pays d’Europe de l’Ouest sont indemnes de rage.

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Crédits : Veronika Dvořáková/iStock

À quoi sert donc cette taxe ?

Le coût financier est l’une des premières causes d’abandon

L’une des plus grandes causes d’abandon est le prix annuel du chien (entretien, vétérinaire…). Il ne paraît donc pas très avisé de pousser encore plus les maîtres à abandonner leur animal en augmentant ce prix et en les noyant sous une pluie d’impôts. 

Une taxe qui freine l’adoption des chiens errants et de refuge

Au vu du nombre d’animaux abandonnés en refuge ou dans la rue, et des dégâts matériels ou sanitaires engendrés par les chiens errants, il serait plus judicieux d’encourager leur adoption, au lieu de dissuader les acquéreurs potentiels avec une nuée de taxes. En France, certains députés prônent même une déduction fiscale si l’on adopte un chien errant ou un chien de refuge.

Alors, quelle est l’utilité de cette taxe ?

Eh bien, une partie des recettes est utilisée pour nettoyer les déjections canines et réparer les dommages causés par les chiens errants (ce qui est paradoxal vu que cette taxe les favorise). Le reste est utilisé à des fins qui n’ont absolument rien à voir avec les chiens : c’est peut-être là que se situe réellement l’enjeu du débat…

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