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Peurs et phobies chez le chien : pourquoi et que faire ?

Crédits :WebSubstance / IStock

La peur est un mécanisme bénéfique qui permet de se protéger face à une situation à risque. Cependant, lorsqu’elle est disproportionnée, comme en cas de phobie, elle se transforme en véritable handicap pour le chien. Son maître en pâtit également car elle engendre des comportements problématiques. Voici l’essentiel à savoir sur la peur et les phobies chez le chien.

C’est quoi une phobie ?

Une phobie, c’est une peur excessive, démesurée par rapport à la dangerosité de la situation. Les chiens peuvent avoir de nombreuses phobies : peur des humains, des autres chiens, des coups de fusil, des pétards, des feux d’artifices, des voitures, des avions, des orages, des aspirateurs…

Certaine phobies se généralisent aux autres stimulus proches. Par exemple, un chien initialement effrayé par les bruits de pétards peut finir terrifié par tous les bruits similaires (coups de fusil, pétarades de voiture, bruits violents… ).

Certains chiens ont également des réactions d’anticipation : ils ont peur à la simple vue d’éléments annonciateurs de leur phobie. Par exemple, un chien avec une phobie des feux d’artifice peut paniquer en voyant un briquet.

chien qui a peur
Crédits : Fotojagodka/iStock

Qu’est-ce qui peut causer une phobie ?

Un traumatisme : Cause maternelle

Lors d’une expérience bouleversante, votre chien peut se mettre à associer un élément neutre de la situation (humains, autres chiens, coup de fusil, pétards, feux d’artifices…) à son traumatisme (douleur, stress…). Par exemple, un chien qui s’est fait renverser par une voiture risque d’associer la douleur aux voitures en général et finira avec une phobie des voitures.

Il s’agit d’un « conditionnement classique » qui a mal tourné. Ce genre de réaction peut s’installer très rapidement (parfois en une seule exposition), dure longtemps et il est très dur de s’en débarrasser.

Un manque de stimulation durant la jeunesse du chien

Entre 3 et 12 semaines, les chiots sont dans ce qu’on appelle « la période de socialisation ». Ils découvrent le monde et fixent leurs seuils d’alerte (qu’est-ce qui est normal et qu’est-ce qui ne l’est pas). Par la suite, tout stimulus sera comparé à ce référentiel afin d’évaluer sa dangerosité. Il est donc très important d’exposer les chiots à un maximum de stimulus durant leur période de socialisation (contact avec des humains et avec d’autres chiens, prendre la voiture, sortir dans la rue, entendre les bruits de la ville…), sinon ils auront beaucoup plus de chances de développer des problèmes comportementaux tels que des phobies.

Quand un chien est confronté à un stimulus inconnu, avec les répétitions :

  • Soit il aura de moins en moins peur jusqu’à ne plus réagir (c’est ce qu’on appelle l’habituation). Cela se produit surtout lorsque le stimulus terrifiant apparaît de manière régulière et que le chien a la possibilité de fuir.

  • Soit il aura de plus en plus peur jusqu’à développer une phobie (c’est ce qu’on appelle la sensibilisation). Cette dernière arrive surtout lorsque le stimulus terrifiant apparaît de manière brusque, imprévue, irrégulière, rare et que le chien ne peut pas fuir. Sa peur grandit au fil des expositions et la phobie s’installe progressivement.

chiot
Crédits : Hannah Grace/Unsplash

Les facteurs de risque

La probabilité de développer une phobie est également influencée par d’autres éléments tels que la génétique, le comportement de la mère et une séparation mère-chiot précoce. Tous les chiens ne sont pas aussi sensibles à la peur.

Quels sont les symptômes d’une phobie ?

Le chien peut présenter différents signes tels que des sursauts, des tremblements, un halètement, des aboiements, une accélération du rythme cardiaque, une dilatation des pupilles, un comportement agressif ou destructeur

Comment traiter une phobie ?

Il est très important d’instaurer un traitement aussi bien pour la sécurité des autres gens (la peur peut causer de l’agressivité) que pour le bien-être du chien et celui de ses maîtres (les phobies engendrent des comportements destructeurs, des déjections et des malpropretés, des aboiements…).

Le traitement médical

Un traitement médicamenteux peut être très utile, toutefois il n’est pas toujours indispensable. Dans certains cas, les thérapies comportementales suffisent. Cependant, dans d’autres cas les médicaments sont de bons compléments.

C’est un moyen de stabiliser et de soulager l’animal rapidement. De plus, ça permet d‘éviter les comportements problématiques. Les médicaments les plus utilisés sont les antidépresseurs et les anxiolytiques. En alternative, on peut également se tourner vers des médecines douces telles que les phéromones.

médicaments
Crédits : Nosheep/Pixabay

Les thérapies comportementales

Elles sont indispensables à toute amélioration. C’est la base du traitement. Toutefois, il s’agit d’un processus graduel, les progrès sont lents. Il faut donc s’armer de patience et de motivation. Il existe différentes méthodes qui peuvent être utilisées seules ou en combinaison :

– La désensibilisation est l’une des plus courantes. Elle consiste à présenter le stimulus effrayant de manière répétée en augmentant progressivement son intensité. Par exemple, lors d’une phobie de l’orage, on exposera le chien à des enregistrement de tonnerre avec un faible volume qu’on augmentera petit à petit au fil des séances.

– Le contre-conditionnement. Il s’agit de conditionner l’animal à associer sa phobie non plus à un stimulus désagréable (douleur, stress…) mais à un stimulus agréable. Par exemple, lors de phobie du tonnerre, on donnera une friandise au chien à chaque coup de tonnerre pour qu’il finisse par associer les deux.

– L’extinction. Elle consiste à étudier le cadre familiale pour repérer tout comportement du maître qui pourrait renforcer la phobie par mégarde, puis à éliminer ce dernier. Si la phobie n’est plus renforcée, à force elle va finir par disparaître d’elle-même.

Dans tous les cas, un vétérinaire comportementaliste et un éducateur canin pourront vous aider à trouver la solution la plus adaptée à votre chien afin de soulager son quotidien et le vôtre.

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